Après la mort d'Hérode, Auguste partagea son royaume entre les trois fils survivants du tyran : Archélaüs eut pour sa part la Judée, l'ldumée et la Samarie, et le titre d'ethnarque, avec promesse de la royauté, s'il satisfaisait l'empereur par son administration. (Jos., Antiq., XVII, 8, 1 et XVI1, 11, 4.) Mais après neuf ans de règne, il fut exilé pour ses cruautés à Vienne, dans les Gaules, où il mourut. (Jos., Antiq., XVII 13, 2 ; Guerre des Juifs, II, 7, 3.) La crainte qu'eut Joseph de venir vivre dans ses états n'était donc pas sans fondement. Dieu mit un terme à ses hésitations en lui montrant la nouvelle résolution qu'il devait prendre.
C'est la quatrième révélation que Joseph reçoit en songe, durant le cours, d'ailleurs assez prolongé, de ses douloureuses expériences. Matthieu 1.20 ; 2.13,19 Grande pierre d'achoppement pour ceux qui ne peuvent concilier l'intervention de Dieu dans la vie humaine avec les idées préconçues de leurs systèmes philosophiques. Quant à ceux qui croient au Dieu vivant et vrai, "qui fait ce qu'il lui plaît au ciel et sur la terre," ils considéreront, d'une part les vives sollicitudes de Joseph pour le dépôt sacré confié à ses soins, sollicitudes qui le pressaient, ainsi que sa pieuse compagne, à rechercher sans cesse, par d'ardentes prières, le secours et les directions d'en haut ; d'autre part, la souveraine importance attachée à la conservation de la vie de Jésus. C'est à cause de lui que Dieu se révèle ainsi à son père adoptif. Le vrai miracle ici, c'est la présence, sur notre terre, de Celui qui s'appellera le Fils de Dieu et le Fils de l'homme ; tout le reste n'est plus que le rayonnement de son apparition au sein de notre humanité.
Quant à la nature de ces révélations en songe, qui trois fois ont lieu aussi par le moyen d'un "ange du Seigneur" et qui paraissent appartenir à l'économie de l'Ancien Testament Nombres 12.6-8 plutôt qu'à celle du Nouveau, il serait oiseux de chercher à s'en rendre compte par des analogies psychologiques. En toute manifestation de Dieu à l'homme, le comment nous échappe.
Joseph pouvait désirer, pour des motifs divers, de retourner en Judée, à Bethléhem, où l'avait amené momentanément une circonstance particulière Luc 2.4, où l'enfant était né et où pouvaient l'attirer tant de choses merveilleuses qui s'y étaient accomplies. Il y renonce par la raison indiquée dans ce verset, se retire en Galilée, où le Sauveur devait être élevé dans la plus profonde obscurité, et retourne à Nazareth, où il habitait auparavant. ainsi que Marie. Luc 2.39
Faut-il conclure de ce récit, et surtout de la manière dont l'évangéliste parle de l'établissement de la sainte famille à Nazareth, (verset 23) qu'il fait de Bethléhem la demeure habituelle de Joseph, tandis que Luc le fait résider à Nazareth. On peut s'étonner en effet que Matthieu, en nommant ici pour la première fois Nazareth, ne nous dise pas que cette ville était la résidence précédente de Joseph et de Marie.