La parole du royaume (Matthieu 4.23 ; 24.14) ou, selon Luc, la parole de Dieu, et, d'après Marc, simplement la parole, telle est la semence de la parabole.
Il y a une analogie profonde entre l'image et la réalité. Dieu a voulu qu'il y eut en chaque grain de semence un principe de vie qui se développe avec une irrésistible puissance, dès que la semence se trouve dans des conditions favorables. Ainsi la parole du Dieu vivant renferme et produit la vie, une vie divine ; elle est créatrice.
Mais, pour cela, il faut que la parole, comme la semence, tombe dans une terre bien préparée. Or ce sont précisément quatre espèces de terrain, représentant des dispositions morales diverses, qui forment les traits caractéristiques de la parabole.
Et d'abord ; le chemin. Là, le Seigneur avait dit, selon Luc, que la semence fut foulée par les passants. Dans son explication il ne relève pas ce trait, qui a pourtant évidemment un sens moral. La semence foulée par les passants, c'est la parole rendue infructueuse par les distractions et les pensées terrestres de cette classe d'auditeurs.
En outre, sur ce sol durci et sans culture, la semence n'était point recouverte de terre et ne pouvait germer.
L'auditeur ne comprend pas la parole ; explication propre à Matthieu et qui indique une seconde cause de stérilité, l'inintelligence et l'endurcissement du cœur, qui n'a pas été rendu attentif et n'a pas été amolli par une sérieuse repentance.
Enfin il y a une troisième cause. L'image de ces oiseaux (v.4), à laquelle nous aurions à peine songé à donner un sens spirituel, en a un très important : Jésus nous y montre l'action du malin (Marc dit Satan, Luc le diable) qui ravit ce qui a été semé. Cela lui est d'autant plus facile que la parole n'a point été comprise et que le cœur n'arrive point à la foi. (Romains 10.10)
Il n'est pas nécessaire de voir là une action immédiate et magique du malin. Les moyens par lesquels il agit abondent, et dans l'homme même et en dehors, dans le monde.
(Comparer sur cet enseignement verset 39, note.)