Dans cette première mission, les disciples devaient s'en tenir au dessein de Dieu envers son peuple, auquel Jésus lui-même se soumettait, (Matthieu 15.24) et qui consistait à faire annoncer le salut avant tout à ce peuple. (Jean 4.22)
Il y avait pour cela de très graves raisons, que Paul appréciait lui-même, bien qu'il fût l'apôtre des Gentils. (Actes 13.45-47,18.4-6) C'est pourquoi Jésus dit (grec) : Ne vous en allez pas sur le chemin des nations et n'entrez pas dans une ville des Samaritains. Tel était pour le moment le devoir des disciples.
Après que les Juifs auront rejeté le Sauveur, ils recevront des ordres tout différents. (Matthieu 28.19 et suivants ; Actes 1.8) Une certaine théologie a voulu voir là une contradiction ou un développement progressif dans les vues de Jésus lui-même Rien n'est plus contraire aux témoignages de l'Evangile ; Jésus savait parfaitement que son règne serait universel même d'après les synoptiques, pour ne pas parler de l'évangile de Jean.
(Voir, par exemple, Matthieu 8.11 ; 21.43 ; 22.9,24.14)
Et même, dans certaines occasions, Jésus enfreignait, de son autorité souveraine, la règle qu'il établit ici pour ses disciples. (Matthieu 15.21 et suivants ; Jean 4)
- Les Samaritains sont assimilés aux païens, à cause de l'inimitié qui existait entre eux et les Juifs. Ils formaient une population mêlée d'Israélites et de colons païens que Salmanazar avait envoyés dans leur pays pendant l'exil. (2Rois 17.24)
Après le retour de la captivité, ils avaient persisté dans leur séparation d'avec les Juifs, qui leur rendaient abondamment haine pour haine. Mais l'heure de la grâce vint aussi pour les Samaritains. (Actes 8.4 et suivants)
- Jésus ne fait pas preuve d'une partialité aveugle pour la maison d'Israël (terme de l'Ancien Testament, Exode 19.3,Lévitique 10.6), car il voyait là, aussi bien qu'ailleurs, des brebis perdues. (Matthieu 9.36 ; 15.24) Cette image, à la fois si triste et si juste, est empruntée aux prophètes. (Esaïe 53.6 ; Jérémie 50.6 ; Ezéchiel 34.5,6)