Au lieu de ces mots : son fils premier-né, qui se lisent dans C.
D., la plupart des majusc., les versions syriaque, arménienne, et des
Pères, le Sin., B., les versions égypt., la syr. de Cureton ont
seulement : son fils. On peut soupçonner la dernière d'être une
correction faite sous l'influence de l'idée très ancienne de la
virginité perpétuelle de Marie.
Ce mot de premier-né (qui du reste se retrouve dans Luc 2.7)
ne serait pas à lui seul une preuve décisive du contraire ; mais il
prend un sens bien plus positif dans l'ensemble de cette phrase : il
ne la connut point jusqu'à ce que.
Si l'auteur de notre évangile avait eu la conviction que Marie
n'avait jamais eu d'autres enfants, il n'aurait pas pu écrire ces
mots. D'ailleurs Jésus avait des frères dont il était le
premier-né, et, malgré la controverse qui s'est prolongée au sujet
de ces frères, jamais on n'est parvenu à rendre probable qu'ils ne
fussent que des cousins. On se trouve donc en présence d'un préjugé
qui a peu à peu dégénéré en une véritable idolâtrie et sans lequel
personne n'eut jamais conçu le moindre doute sur la signification de
notre récit.