Jésus, en déclarant d'une manière si absolue que rien d'extérieur ne souille l'homme, veut-il dire qu'il n'existe point de souillure légale et abolir ainsi d'un mot toutes les distinctions que faisait la loi entre les aliments qu'elle déclarait purs ou impurs ? Cette conséquence ressortira certainement du principe qu'il posait ici (Matthieu 15.9, note), mais tel n'était pas son but immédiat.
L'erreur des pharisiens était de ne pas comprendre que toutes les prescriptions de la loi relatives à une souillure ou à une pureté légales n'avaient d'autre but que de révéler à l'homme la souillure ou la pureté morales.
Ils prenaient le moyen pour le but et, en s'attachant à la lettre de la loi, ils la matérialisaient et tombaient dans un misérable formalisme.
Jésus veut donc rétablir ici la distinction entre une souillure légale et la souillure morale. C'est ce que dit clairement ce mot conservé par Marc : cela n'entre pas dans le cœur, c'est-à-dire dans l'organe des pensées et des affections morales. Les aliments dont il s'agit ne font qu'entretenir la vie animale, et tout ce qui ne sert pas à la nutrition est rejeté ; et cet acte purifie les aliments eux-mêmes. En poursuivant sa pensée jusqu'à ces détails matériels, Jésus veut faire sentir d'autant mieux à ses auditeurs combien les interprétations pharisaïques de la loi la rabaissaient et la dégradaient.