Cette réflexion, qui est particulière à notre évangéliste, jette une sorte de blâme sur l'extrême étonnement des disciples et peutêtre aussi sur la peur dont ils avaient été saisis en voyant Jésus marcher sur les eaux.
Il n'en aurait pas été ainsi s'ils avaient compris au sujet ou à l'occasion du miracle des pains ; (verset 35 et suivants) ils auraient conclu de la puissance de Jésus dans la première occasion, à sa puissance dans la seconde.
La cause de ce manque d'intelligence se trouvait dans leur cœur endurci.
Ce dernier mot ne doit pas s'appliquer seulement à un aveuglement, une sensibilité de leur cœur dans le cas actuel, mais s'étendre à l'état moral dans lequel ils étaient à cette époque.
Cette observation intime sur les disciples ne peut provenir que d'un témoin oculaire ou même d'un homme qui avait éprouvé les impressions dont il s'agit. Or ce témoin, c'est l'apôtre Pierre, dont Marc a conservé les récits. (Voir l'Introduction) Et c'est là aussi peutêtre la cause pour laquelle nous ne trouvons pas dans notre évangile le trait relatif à Pierre marchant sur les eaux. (Matthieu 14.28-31)
Pierre, en racontant cette grande scène dans ses prédications, passait sous silence ce qui le concernait personnellement.