Hérode n'admet pas ces opinions, comme le montre déjà la particule adversative mais ; il insiste sur l'idée qu'il a exprimée, (verset 14) et il le fait en termes énergiques que le texte reçu rend ainsi : "Ce Jean que j'ai décapité, c'est lui qui est ressuscité d'entre les morts."
Les mots soulignés sont supprimés par Tischendorf, d'après Sin., B, et des version.
Le texte reçu porte en outre : "c'est lui ; lui-même est ressuscité..."
Les paroles d'Hérode trahissent le trouble d'une conscience tourmentée par le souvenir d'un meurtre. On a objecté à ce récit qu'il est inadmissible qu'Hérode, prince éclairé, rattaché au parti des sadducéens, crût à la résurrection de Jean.
Les paroles qu'on lui prête signifieraient simplement : "J'ai fait décapiter un de ces prophètes, et en voici un autre qui reparaît."
Mais il est évident que tous les évangélistes entendent ces paroles d'Hérode dans leur sens littéral. Et pourquoi se seraient-ils trompés ? Chez un homme faible, voluptueux, débauché, troublé dans sa conscience comme l'était Hérode, la superstition s'allie fort bien avec l'incrédulité.
En outre, la haute estime qu'il avait du caractère de Jean-Baptiste (verset 20) ne pouvait qu'augmenter les remords qui le faisaient parler ainsi.