Cet empressement du malade à accourir auprès de Jésus dès qu'il le vit de loin, et à se jeter à ses pieds, prouve évidemment, comme le fait observer Olshausen, que le premier aspect du Sauveur exerça sur lui une influence bienfaisante, qu'il se sentit attiré vers lui, et qu'il en attendait du soulagement.
Mais comment expliquer la contradiction qu'il y a entre ce sentiment et les paroles qu'il prononce aussitôt ? (verset 7)
C'est que, jusqu'ici, le malade agissait avec la conscience de lui-même et de son malheur, mais Jésus, en ordonnant à l'esprit impur de sortir, (verset 8) excita la résistance de ce dernier, qui produisit dans sa victime un de ces paroxysmes dans lesquels elle n'était plus que l'organe du démon qui parlait par elle.
En effet, ce verbe à l'imparfait il lui disait (verset 8) indique que Jésus avait répété son ordre sans que le démon fût encore sorti et explique les paroles violentes du démoniaque. Peut-être Jésus ne voulut-il pas employer dès l'abord toute l'énergie de sa puissance, par la crainte que la lutte entre son pouvoir et la résistance de l'esprit méchant ne brisât l'organisme du malade dans la crise violente que sa parole avait suscitée.