Si l'évangéliste interrompt le discours de Jésus pour mentionner ces demandes d'explication, qui n'eurent lieu que plus tard, c'est qu'il tient à marquer d'emblée le but que Jésus avait en vue quand il adopta cette forme d'enseignement : soumettre à un triage la foule qui s'assemblait autour de lui (verset 1) et séparer d'elle ceux qui étaient susceptibles de devenir ses disciples.
Dans Matthieu, cette intention est clairement indiquée par la forme donnée à la question des disciples : "Pourquoi leur parlestu en paraboles ?" (Voir Matthieu 13.10, note.)
Mais ce qui prouve qu'elle est aussi dans la pensée de Marc, ce sont les paroles de Jésus, (versets 11,12) dont il fait précéder l'explication de la parabole du semeur. (verset 13 et suivants)
- Ceux qui étaient autour de lui, les auditeurs qui s'attachaient à ses pas et le suivaient en son particulier, ne se contentaient pas, comme la foule indifférente, du récit fictif dont Jésus enveloppait sa pensée.
Ils l'interrogeaient : l'imparfait montre qu'il ne s'agit pas d'un fait isolé qui se serait produit au moment où Jésus achevait la parabole du semeur, mais d'une habitude qu'ils avaient. Cela ressort également du pluriel : sur les paraboles.
Le texte reçu, qui porte : ils l'interrogèrent, méconnaît cette nuance.