Grec : de sauver une âme ou de tuer ?
Quelques interprètes prennent ces mots à la lettre et pensent que Jésus avait en vue non seulement le corps de ce malade, mais son âme, qu'il espérait sauver par cette manifestation de sa puissance et de son amour, et qu'il aurait laissée dans la mort, en négligeant de le secourir.
Mais il est probable qu'il faut voir ici, comme dans une multitude d'autres passages, un hébraïsme qui prend l'âme pour la vie.
D'ailleurs le verbe tuer est pris dans un sens absolu et n'a pas pour régime sous-entendu une âme. Quoi qu'il en soit, la question du Sauveur est d'une grande énergie.
S'il n'est pas permis de faire du bien le jour du sabbat, négliger ce bien, ce serait faire du mal ; (comparez Jacques 4.17) pouvoir sauver une vie et ne pas le faire, serait tuer.
Telle est la conséquence immorale que Jésus voit dans l'interprétation servile et hypocrite que les pharisiens donnaient à la sainte institution du jour du repos. La loi elle-même ordonne de le sanctifier ; et comment peut-on le faire mieux qu'en répandant sur des êtres souffrants les secours, les consolations et les grâces que Dieu leur destine dans son amour ?
- Mais peut-être y a-t-il une intention plus directe et plus sévère dans les termes énergiques qu'emploie le Sauveur. Faire du mal, tuer, le jour du sabbat : qui avait alors dans son cœur ces pensées criminelles ? Les adversaires de Jésus qui ne songeaient, en ce saint jour, qu'à l'accuser, (verset 2) qu'à le faire périr. (verset 6)
Morne silence indice de la confusion des pharisiens qui n'avaient rien à répondre et qui étaient d'autant plus irrités.