Ses proches, grec ceux qui étaient prés de lui.
On pourrait entendre ses alentours. Mais cette locution signifie le plus souvent les parents, la famille ; on pourrait donc dire : les siens. Tel est le sens que la plupart des interprètes donnent ici à ce mot, et ils mettent notre verset dans un rapport direct avec le récit des verset 31 et suivants, que Marc seul aurait ainsi introduit et motivé, tandis que Matthieu et Luc le rapportent à la suite du discours de Jésus, sans lien avec celui-ci ni indication de la raison de cette intervention.
Ses parents donc, ayant appris qu'il était constamment accablé d'un travail excessif, sortirent pour se saisir de lui.
Sortirent d'où ? Peut-être de Nazareth, car la situation décrite (verset 20) durait depuis quelque temps et le bruit en pouvait fort bien être parvenu à Nazareth ; peut-être aussi sortirent-ils de leur demeure à Capernaüm, où ils pouvaient s'être établis au début du ministère de Jésus. (Jean 2.12 ; Matthieu 4.13)
Mais pourquoi veulent-ils se saisir de lui ? Leurs propres paroles révèlent leur intention ; car ils disaient : Il est hors de sens.
Telle est la conclusion qu'ils tiraient de l'activité que Jésus déployait et des fatigues qu'il s'imposait ; et ils voulaient l'emmener hors de la foule, lui procurer du repos.
On comprend cette appréciation et cette conduite de la part des frères de Jésus, car ils ne croyaient pas en lui. (Jean 7.5) Mais Marie ! En serait-elle venue à porter sur Jésus un jugement qui ne valait guère mieux que celui des scribes, (verset 22) et que Marc paraît en rapprocher à dessein ?
Plus d'un critique s'est hâté de conclure de ce fait que les récits de Matthieu, ch. 1 et 2, et de Luc, ch. 1 et 2 n'étaient pas dignes de foi. D'autre part, on a fait diverses tentatives pour ne pas imputer à Marie une telle opinion sur son fils premier-né.
On a dit que ceux qui étaient près de Jésus étaient, non ses parents, mais quelques-uns de ses auditeurs, des hommes de son entourage habituel qui l'avaient suivi dans la maison. Le voyant harcelé par la foule, qui ne cessait de le réclamer aux abords de cette maison, ils sortirent à leur tour pour s'emparer de lui et le faire rentrer.
La pensée qu'ils énoncent au sujet de Jésus ne serait pas inadmissible en ce moment d'effervescence religieuse. Mais cette explication suppose qu'il n'y ait aucun rapport entre notre verset et les versets versets 31-35 ; or il est difficile de méconnaître que ce rapport existe, et dès lors il s'agit bien ici de la mère et des frères de Jésus.
Il est arbitraire aussi de dire que les auteurs de ce jugement défavorable sont les frères de Jésus, à l'exclusion de sa mère, car Marie nous est représentée (verset 31) comme associée à la démarche des frères de Jésus.
Il faut donc admettre le fait ; on peut l'expliquer en supposant que la foi de Marie, encore peu développée, était alors ébranlée par le doute, qu'elle fut momentanément obscurcie, comme celle de Jean-Baptiste. (Matthieu 11.3)
On peut aussi atténuer ce qu'il y avait d'étrange dans la conduite de Marie en admettant que les mots il est hors de sens ne doivent pas être attribués aux proches de Jésus, mais expriment l'opinion générale. Il faudrait alors traduire : "car on disait : Il est hors de sens."
Cette interprétation, proposée anciennement déjà, s'appuie sur le fait que Marc emploie souvent la troisième personne du pluriel dans un sens impersonnel (Marc 2.18, note ; verset 32).