14 à 23
Le jugement de Dieu sur Jérusalem.
Voir Matthieu 24.15, note.
Le Seigneur en vient à désigner d'une manière plus directe les signes précurseurs de la ruine de Jérusalem. Il le fait en empruntant au prophète Daniel les termes de sa prédiction. (Daniel 9.27 ; 11.31 ; 12.11)
Dans Matthieu, il nomme ce prophète ; selon Marc, il se borne à le citer par une simple allusion ; car ces mots du texte reçu, d'après A, et les majuscules plus récents : "désolation dont a parlé le prophète Daniel," ne sont pas authentiques, mais empruntés à Matthieu.
Ce que le Seigneur entend par : l'abomination de la désolation nous est clairement expliqué par Luc, qui remplace la citation de Daniel par ces mots : "Or, quand vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche."
Pour des Israélites, ce ne devait pas être seulement une désolation (ou dévastation, réduction en désert), mais aussi une abomination, c'est-à-dire, selon le langage de l'Ancien Testament, une profanation, une souillure que cet investissement de la ville sainte par des païens impurs.
Jésus prédit à ses disciples qu'ils verront cette abomination établie (participe parfait indiquant un fait accompli et permanent) là où elle ne doit pas être, expression vague, remplaçant le terme plus précis de Matthieu : "établie en lieu saint."
Selon l'interprétation que nous a donnée Luc, cette profanation du lieu saint est bien attribuée aux Romains, et non, ainsi qu'on l'a pensé, aux Juifs mêmes, parce que, pendant le siège, un parti de ce peuple se serait retranché dans le temple, et aurait souillé le sanctuaire. (Comparer d'ailleurs sur ces mots : en lieu saint, Matthieu 24.15, note.)
- Quant à l'avertissement placé entre parenthèse (que celui qui lit y fasse attention) on peut l'attribuer soit au Seigneur lui-même, soit à l'évangéliste.
Dans le premier cas, ce verbe lire aurait pour objet la prophétie même de Daniel ; dans le second, il se rapporterait à la lecture de l'évangile.