Tandis que Matthieu et Luc rapportent une simple défense faite au lépreux de raconter sa guérison (comparez sur les causes de cette défense Matthieu 8.4, note), Marc se sert d'expressions difficiles à concilier avec la compassion que Jésus vient de témoigner à ce malheureux : (verset 41) grec lui ayant parlé sévèrement ou lui ayant fait de sévères menaces, il le jeta aussitôt dehors.
On a dit (Meyer, Lange) que Jésus agissait ainsi parce que le lépreux avait violé la loi en s'introduisant dans une maison ou une synagogue (verset 39) et qu'après avoir donné essor à sa compassion et délivré le malade, il voulait aussi relever et sanctionner l'ordre légal.
Cela n'est pas très satisfaisant et ne concilie pas le contraste entre les deux manières d'agir. On retrouve la même défense sévère avec menace adressée à des aveugles que Jésus venait de guérir (Matthieu 9.30) et qui n'avaient transgressé aucune loi.
Ne pourrait-on pas en conclure que le sentiment d'indignation, le frémissement (sens de l'original) que Jésus éprouvait dans ces occasions, n'était pas causé par les malades qui allaient divulguer ses miracles, mais bien par l'opposition et l'inimitié des adversaires, toujours aux aguets pour en prendre occasion de l'accuser ?
Dans le cas du lépreux, le sacrificateur pouvait être irrité contre Jésus pour avoir permis à cet homme atteint d'une maladie contagieuse et légalement impure de s'approcher de lui.