2 et 3 Ce sont ici des fautes bien plus graves que les précédentes ; il y a mensonge et même faux serment, et non point péché commis par simple erreur. Cependant il y a une grande différence entre le sujet de ce morceau et celui d'Exode 22.1-14 ; les méfaits peuvent être identiques, mais là le coupable est découvert, ici il se dénonce. Là il tombe sous les coups de la justice et doit restituer jusqu'au quintuple ; ici sa conscience se réveille, il confesse librement sa faute. Voilà qui change tout, tant est grande aux yeux de la loi elle-même et de l'ancienne alliance tout entière la valeur de la repentance.
Il résulte de ce qui précède que le sacrifice de réparation, tout en procurant le pardon, comme le sacrifice pour le péché, et tout en ayant un caractère éminemment sérieux, puisqu'il n'aboutissait point non plus à un repas, visait cependant des fautes spéciales par lesquelles l'Israélite avait empiété sur les droits et sur la propriété de l'Eternel, soit directement (redevances sacrées), soit indirectement (torts faits à quelque Israélite, car Dieu est le propriétaire suprême de toutes choses, et c'est sur lui en dernière analyse que reposent tous les droits).
L'idée fondamentale du sacrifice pour le péché est celle de l'expiation : l'idée caractéristique du sacrifice de réparation est celle de la satisfaction. Le premier a un caractère éminemment évangélique ; sous sa forme la plus parfaite, il arrivera (chapitre 16) à être la plus frappante de toutes les prophéties en action de la mort expiatoire du Sauveur. Le second a un caractère plutôt disciplinaire et confine aux amendes stipulées dans nombre de législations humaines.