34 à 39 L'état d'Israël à la suite de ce dernier châtiment.
La terre se complaira. Expression qui a quelque chose d'ironique et d'amer. La terre délivrée de ses habitants, violateurs de la loi, éprouve une sorte de soulagement. On traduit fréquemment s'acquittera (de ses sabbats). Il ne nous paraît pas que le verbe ratsa puisse avoir ce sens, (en tout cas pas au kal).
En ses sabbats : les années de repos (sabbatiques ou jubilaires) dont la terre a été privée par l'infidélité de ses habitants. Ce repos forcé la dédommagera des exigences outrées qu'on lui a fait subir par un travail sans relâche ; comparez 2Chroniques 36.21. Les termes ici employés n'obligent point à admettre que le nombre des années d'exil ait répondu exactement à celui des années où la loi sabbatique avait été violée.
Et aura son plaisir en ses sabbats. Le verbe ratsa est ici à l'hiphil, ce qui ne nous oblige pas à lui donner un sens nouveau, mais nous paraît simplement indiquer la manifestation de la satisfaction éprouvée. La personnification de la terre continue. Ceux qui ont traduit le kal par s'acquittera, doivent rendre l'hiphil par faire s'acquitter, faire payer. Wogue justifie ainsi ce sens :
D'abord la terre, est censée débitrice envers Dieu d'un certain nombre de chômages (s'acquittera) ; puis l'écrivain se ravise, et après avoir dit : La terre s'acquittera, il rectifie sa pensée : Que dis-je ! Elle fera payer (aux hommes)...
C'est ingénieux. mais très recherché.