Chapitre 25, Les années sabbatiques et le jubilé.
A la suite de tous ces règlements sur la sainteté de l'immolation des victimes et de l'offrande du sang (chapitre 17), celle du peuple dans tous les domaines de la vie et spécialement dans le mariage (chapitres 18 à 20), celle des sacrificateurs et des offrandes, celle des assemblées solennelles (chapitre 23), celle des arrangements du culte et de l'énoncé du nom de Dieu (chapitre 24), nous trouvons au chapitre 25 l'institution de certaines années qui doivent être marquées d'un caractère particulier :
- les années sabbatiques, versets 1 à 7
- les années de jubilé, versets 8 à 55
1 à 7 Les années sabbatiques.
Tous les sept ans il devait y avoir repos pour la terre. Le sol ne devait pas être cultivé, ni la vigne taillée. Ce qui croissait sans culture ne devait pas être récolté, mais demeurer à la disposition de tous. Ce repos commençait en automne, à la suite des récoltes de la sixième année, et durait jusqu'à l'automne de l'année suivante, où avaient lieu les semailles de l'année nouvelle.
Cette loi était particulière au peuple juif ; l'historien Tacite l'attribue à leur paresse. On pourrait conclure de Exode 23.10 qu'elle avait un but utilitaire, comme l'usage de laisser de temps en temps le sol en jachère. Le Deutéronome (Deutéronome 15.1 et suivants), conformément à l'esprit de ce livre, insiste sur le but de bienfaisance envers les indigents, qui étaient ainsi admis au privilège des propriétaires. Mais le but principal, dans lequel rentrent ceux-là, était pédagogique. Dieu voulait rappeler à Israël ce grand principe énoncé verset 23 : La terre est à moi.
Comme sur sept jours il en réclamait un dont il disait : C'est le mien ! de même, après avoir pendant six années donné ses biens à Israël par le moyen de la terre, il s'en réservait une septième pour lui rappeler qu'il n'était que locataire sur ce sol dont Dieu était le vrai propriétaire.
Sentiments de dépendance, de confiance, de reconnaissance et par la même aussi de compassion et de bienfaisance : tout cela découlait de ce principe une fois gravé dans la conscience israélite. Mais l'observation d'une telle loi impliquait de la part du peuple une foi vivante en son Dieu, et l'on ne peut s'étonner que, comme le prouve 2Chroniques 36.21 (comparez avec Lévitique 26.34-35,43), l'accomplissement de la loi de l'année sabbatique n'ait eu lieu que d'une manière incomplète avant l'exil. Mais il doit en avoir été autrement après le retour de la captivité ; comparez l'engagement pris par le peuple Néhémie 10.31 et le récit 1 Macchabées 6.49, 53, où les troupes israélites assiégées sont forcées de capituler par suite du manque de vivres résultant de ce que c'était une année sabbatique. Plusieurs passages de Josèphe prouvent la même chose. La tradition rabbinique prétend que le repos de la septième année fut pratiqué en Israël dès la 21ième année de son établissement en Canaan. La conquête avait duré sept ans, le partage sept ans. Ce fut donc la 15ième année que l'on commença à cultiver le sol et la 21ième que put avoir lieu la première année sabbatique.
Comme le sabbat simple était le moment du repos divin à la suite de la création, ainsi ce sabbat, agrandi jusqu'à la mesure d'une année entière, était propre à rappeler cette époque, retracée Genèse 2, où l'homme dans le paradis, non assujetti à un travail servile mangeait son pain comme un don de la bénédiction divine.
Au mont Sinaï ; non : du haut du Sinaï, mais : dans le désert de Sinaï, pendant qu'Israël était encore campé au pied de cette montagne, en opposition aux lois données plus tard (Nombres 36.13 ; comparez 1.1). Peut-être cette indication est-elle ici motivée par l'intercalation du morceau 24.10-23