Ce verset montre qu'en tuant les animaux pour leur alimentation, les Israélites se livraient à des pratiques superstitieuses et idolâtres. Or de tels usages ne pouvaient se pratiquer dans le sanctuaire.
Satyres. Le mot séirim que nous rendons ainsi, vient du verbe saar, être velu, et pourrait désigner des divinités redoutées, qui font hérisser les cheveux à qui les rencontre. Mais comme ces êtres sont adorés dans la campagne (verset 5), et qu'Esaïe (Esaïe 13.21 ; 24.14), décrit ces mêmes séirim habitant dans les déserts et s'y livrant à leurs danses, il faut plutôt voir en eux les divinités agrestes qu'on représentait sous la forme d'êtres velus, tenant à la fois du bouc et de l'homme, et que l'on appelait des Satyres. Les Israélites pouvaient avoir apporté ce culte d'Egypte (Josué 24.14 ; Ezéchiel 20.7 ; 23.3 ; 2Chroniques 11.15) ; car, d'après Hérodote, un dieu pareil au Pan des Grecs (divinité analogue à celles-là) était adoré sous la forme d'un bouc, et cela dans un canton tout voisin de Gossen.
Avec lesquels, c'est-à-dire : par le culte desquels ils se prostituent.
Une ordonnance perpétuelle. Il ne s'agit pas uniquement de l'ordre relatif aux animaux de boucherie, aboli par le Deutéronome, mais aussi des rites idolâtres qui accompagnaient cet acte. Tout cela doit cesser une fois pour toutes et ne jamais se reproduire en quelque circonstance que ce soit. On a objecté contre cette prescription relative à l'immolation même des animaux alimentaires, qu'elle était inexécutable dans le désert. Comment égorger dans le parvis, en outre de tous les sacrifices, les animaux nécessaires à l'alimentation d'un peuple aussi nombreux ? Mais on oublie que les tribus nomades consomment infiniment moins de viande que les peuples établis et civilisés.