Azazel. On n'est pas complètement au clair sur la signification de ce mot, qui ne se retrouve dans la Bible que dans ce chapitre. On l'a longtemps décomposé en az, chèvre, et azel, de azal, partir ou renvoyer ; de là la traduction de la Vulgate : bouc émissaire. Mais pour justifier ce sens dans notre verset, il faut expliquer : pour l'envoyer dans le déserten tant quebouc émissaire, ce qui est contraire à la grammaire.
On a vu aussi dans le mot Azazel le nom d'une montagne, que ce terme désignerait comme escarpée, abrupte. Mais comment opposer une montagne à l'Eternel ? Ce mot est plutôt une forme redoublée de la racine azal prise ici soit dans le sens abstrait de renvoi soit dans le sens concret de renvoyé. Ce mot désignerait le mauvais esprit comme exilé de l'habitation de l'Eternel, relégué bien loin et tenu à l'écart de son peuple saint. Le parallélisme entre les mots pour l'Eternel et pour Azazel, rend probable le sens concret et personnel. L'idée d'un royaume des mauvais esprits n'était pas étrangère aux anciens Hébreux (les séirim, schédim, 17.7 ; 19.31 ; Deutéronome 32.17) ; et l'idée d'un chef personnel de ces royaumes ténébreux, sans être clairement exprimée dans l'Ancien Testament, ressort pourtant des deux premiers chapitres du livre de Job, de 1Chroniques 21.1 et même, nous croyons l'avoir démontré, du chapitre 3 de la Genèse.
Les mauvais esprits sont représentés comme demeurant au désert Esaïe 13.21 ; Job 8.3 jusqu'à ce qu'ils puissent pénétrer dans une personnalité humaine (Matthieu 12.43 ; Luc 11.24) ; comparez les mots dans le désert.
Afin de faire propitiation sur lui (le bouc). On peut traduire aussi pour lui, c'est-à-dire pour le rendre par cette cérémonie préparatoire apte à remplir sa mission. Mais ce sens n'est pas naturel. Il faut entendre : pour accomplir sur lui (sur sa tête) la cérémonie en vertu de laquelle il y aura propitiation faite pour le peuple ; voir verset 21.