8 à 19
Description des séducteurs.
2Pierre 2.10, note.
Vraiment ; d'autres traduisent : néanmoins, malgré l'avertissement qui leur est donné par les exemples précités. Cette particule est plutôt destinée à renforcer l'expression : de la même manière, sur laquelle porte l'accent.
Des particules que la traduction ne peut rendre opposent les verbes : souillent la chair d'une part, méprisent et blasphèment d'autre part. Le premier terme reprend le mot "dissolution" de verset 4, et décrit les égarements de conduite des hérétiques, surtout dans les relations sexuelles ; les deux autres reproduisent l'accusation du verset 4 "Ils renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ," et s'appliquent à leurs enseignements erronés.
L'expression : ils méprisent l'autorité (grec la seigneurie), s'applique le plus naturellement à des négations portant sur l'autorité divine du Seigneur Jésus-Christ.
Le mot seigneurie se trouve appliqué aux anges, mais il est alors employé au pluriel ; (Ephésiens 1.21 ; Colossiens 1.16) et, dans ce sens, il ferait double emploi avec les gloires qui désignent cette catégorie d'êtres. Les exégètes se divisent sur la question de savoir si les gloires sont de bons anges, que l'auteur se représenterait entourant le Seigneur Jésus-Christ, ou des anges déchus. Ceux qui soutiennent cette dernière opinion se fondent sur la comparaison établie au verset suivant entre la conduite des faux docteurs et celle de Michel à l'égard de Satan. L'archange ne se permit pas de porter une sentence injurieuse contre le prince des ténèbres, et eux, ils injurient les anges tombés, probablement en se moquant de leur pouvoir, ou en niant leur existence, quand on les mettait en garde contre leurs séductions.
Il est vrai que le terme : injurier (grec blasphémer) les gloires, serait étrangement choisi pour exprimer l'idée de braver leur pouvoir ou de nier leur existence, et que le contraste entre les versets versets 8,9 est plus marqué si l'on voit dans les gloires de bons anges : ils blasphèment ces anges, alors que Michel ne s'est pas même permis de porter une sentence injurieuse contre l'ange déchu qu'est Satan ! (Spitta, von Soden.) Cependant, ainsi comprise, la pensée nous paraît bien alambiquée.
Nous préférons voir dans les gloires des anges déchus. (Comparer verset 6) Ce sens est le seul admissible dans le passage parallèle, 2Pierre 2.10.