Cette conclusion, prise dans un sens absolu et séparée du contexte, serait en pleine contradiction avec l'enseignement de Paul, spécialement avec Romains 3.20,28 ; Galates 2.16.
Mais il faut remarquer d'abord que Jacques, à son point de vue, nie que l'homme soit justifié par la foi seulement c'est-à-dire par une foi sans œuvres. Ensuite, il est de toute évidence que Jacques et Paul entendent, soit par la foi, soit par les œuvres, des choses tout à fait différentes.
Les œuvres auxquelles Paul dénie le pouvoir de justifier le pécheur sont les efforts par lesquels l'homme cherche à se sauver sans l'aide de Dieu, Jacques, au contraire, parle d'œuvres qui sont la manifestation, le fruit de la foi et de l'amour. D'un autre côté, la foi, à laquelle Paul attribue la justification du pécheur devant Dieu, est un principe vivant de confiance, d'obéissance, qui a toujours pour dernière fin la sanctification de la vie tout entière.
Jacques, au contraire, combat sous le nom de foi une connaissance stérile, la simple croyance à l'existence de Dieu. (verset 14, note ; verset 19, note ; verset 26)
Or, il est bien évident qu'en attribuant la justification aux œuvres, Jacques la fait remonter à la même source que Paul, puisque, selon lui, ces œuvres sont la manifestation de la foi qui "agit avec elles." (verset 22)