Psaumes 95.8-11. L'auteur de ce Psaume, après avoir invité son peuple à servir l'Eternel avec joie, lui adresse au nom de Dieu un sérieux appel à ne pas imiter les pères qui, dans le désert, offensèrent le Seigneur par leur révolte à Mériba et à la journée de Massa, et qui, par leur endurcissement, se privèrent de la promesse d'entrer dans le repos de Dieu. (Exode 16.23,24 ; 17.7 ; comparez Nombres 14.22,23. Le psalmiste réunit ces deux révoltes qui aboutirent au même triste résultat.)
L'avertissement s'adresse au peuple de Dieu de la nouvelle Alliance, puisque ce peuple a encore devant lui l'accomplissement de la promesse, mais dans son sens absolu, éternel.
Quand Dieu offre sa grâce, le plus grand des péchés est de la rejeter par ingratitude et endurcissement de cœur. Il use pour un temps de patience, mais l'heure du jugement vient.
L'histoire d'Israël au désert proclame bien haut ces vérités, et l'application qu'en fait l'auteur à ses lecteurs est d'une exégèse aussi vraie que sérieuse.
Notre auteur cite Psaumes 95 d'après les Septante, qui ont rendu les noms de Massa et Meriba, selon leur sens étymologique par "irritation" et "querelle." Le mot "irritation" est pris par les uns au sens actif : l'action d'irriter Dieu, par les autres au sens réfléchi : ils s'irritèrent eux-mêmes, ils conçurent de l'amertume dans leur cœur. Le premier sens est indiqué par l'emploi du verbe à l'actif à Hébreux 3.16. (Voir la note).
- Au lieu de : "vos pères me tentèrent en me mettant à l'épreuve," le texte porte littéralement : tentèrent par l'épreuve. L'auteur a omis le pronom qui se lit dans les Septante.
M. von Soden pense que le manuscrit des Septante dont se servait l'auteur présentait une autre leçon que les manuscrits parvenus jusqu'à nous, car on ne comprend pas pourquoi il aurait retranché le pronom. Il propose de traduire : au jour de la tentation...que vos pères tentèrent (essayèrent) dans l'épreuve.
M. Weiss estime au contraire que l'auteur a omis le pronom, parce que, dans sa pensée, le passage cite est mis dans la bouche du psalmiste, et que Dieu ne prend la parole qu'à Hébreux 3.10. Il faudrait donc traduire : "où vos pères le tentèrent (Dieu) en le mettant à l'épreuve. Et ils ont vu mes œuvres pendant quarante ans !"
Les mots durant quarante ans (Hébreux 3.9) embrassent tout le temps du séjour d'Israël au désert, bien que l'événement spécial rappelé par le Psaume cité ait eu heu dans les premiers temps de ce séjour. C'est que ce peuple vit les œuvres de Dieu pendant tout le temps de sa longue épreuve, sans qu'il en reçût instruction. Aussi à Hébreux 3.17 est-il dit que pendant ces mêmes quarante ans se manifesta l'indignation de Dieu contre ce peuple rebelle.
Au verset Hébreux 3.10, l'auteur ajoute au texte des Septante : c'est pourquoi.
Au verset Hébreux 3.11, il y a littéralement : S'ils entrent dans mon repos ! C'est une formule de serment, où l'on sous-entend cette pensée : Dieu me punisse, si ce que je dis n'est pas vrai. Ce repos où Dieu jura dans sa colère qu'Israël n'entrerait point, (Deutéronome 1.34,35) était originairement Canaan ; mais ce repos qu'Israël devait trouver en Canaan, après les fatigues du désert, n'était qu'une image très imparfaite du repos éternel que Dieu, dans sa miséricorde, avait destiné à l'homme. (Voir Hébreux 4.1, note.)