Ces trois versets (Hébreux 13.10-12) sont destinés à réfuter l'erreur de ceux qui, dans leur faux attachement au judaïsme, espéraient pouvoir "affermir leur cœur" par l'usage d'aliments consacrés dans les sacrifices, (Hébreux 13.9) ou trouver la justice dans ces sacrifices mêmes.
L'auteur veut leur prouver que cette erreur, non seulement ne leur profite de rien, (Hébreux 13.9) mais les exclut de tous les avantages du sacrifice de Christ. Pour cela, il affirme trois choses :
1° Nous, chrétiens, nous avons un autel, le vrai autel d'expiation, dont celui du tabernacle n'était que l'image, et cet autel, c'est la croix de Christ, (Hébreux 13.12) où il a "offert nos péchés en son corps sur le bois ;" (1Pierre 2.24) mais cet autel, même vos prêtres qui servent au tabernacle n'ont pas le pouvoir d'en manger. (Hébreux 13.10)
2° En effet, les corps des animaux qui sont offerts au grand jour des expiations ne peuvent devenir votre nourriture, puise qu'il est interdit d'en manger et qu'ils doivent être entièrement brûlés hors du camp (tant que le peuple était au désert) ou hors de la ville où maintenant s'offrent les sacrifices. (Lévitique 16.27) Ainsi vous n'avez rien du symbole et vous vous privez de la réalité du vrai autel. (Hébreux 13.11)
3° Mais Jésus, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, s'est conformé même à cette prescription tout extérieure de la loi : il a souffert hors de la porte (de Jérusalem), il a été rejeté comme une victime maudite. (Hébreux 13.12)
Ce sacrifice, dont nous nourrissons nos âmes, vous vous en excluez si vous retournez aux sacrifices symboliques institués par la loi. Ceux-ci sont désormais inutiles ; et, d'après les prescriptions mêmes de cette loi, ils ne nous offrent pas de repas auxquels nous puissions participer pour affermir nos âmes. (Hébreux 13.9)
D'après une autre interprétation (Weiss), l'auteur voudrait dire simplement : Il ne peut y avoir pour les chrétiens de repas attachés à des sacrifices, car l'unique sacrifice qu'ils connaissent et qui constitue leur autel, (Hébreux 13.10) le sacrifice de Christ, ne saurait, en sa qualité de sacrifice pour le péché, (Hébreux 13.11) être accompagné d'un repas, puisque, d'après les prescriptions de la loi, il était interdit, même aux sacrificateurs, de manger de la chair des victimes offertes pour le péché