Les mots : il quitta l'Egypte, se rapportent-ils à la fuite de Moïse après avoir tué l'Egyptien, (Exode 2.14,16) ou à sa sortie d'Egypte avec le peuple ?
On peut trouver des raisons pour l'un et pour l'autre sens.
Pour le premier, on peut alléguer surtout l'ordre chronologique que suit ici l'auteur, (Hébreux 11.28,29) et qui se trouverait interverti s'il s'agissait de la sortie d'Egypte avec le peuple. Mais alors pourquoi ferait-il cette réflexion : sans craindre la colère du roi, puisque c'est précisément par la crainte du roi que Moïse s'enfuit ? Pourquoi encore choisirait-il dans la vie de Moïse, vie si riche en actes héroïques de foi, cette fuite, comme une preuve spéciale de sa foi, comment enfin passerait-il sous silence la vocation de Moïse en Horeb ? Pourquoi ne nous le montrerait-il pas retournant en Egypte, seul avec la force de Dieu, pour aller délivrer son peuple ?
Non, le grand acte de foi de Moïse, qui doit être seul mentionné dans ce bref aperçu de sa carrière, c'est sa sortie d'Egypte avec le peuple. C'est cette sortie qu'il opéra sans se laisser arrêter par toutes les difficultés qui s'y opposaient, sans craindre la colère du roi, et parce qu'il demeura ferme comme voyant Celui qui est invisible. (Hébreux 11.1, note.)
C'est de cette sortie que l'auteur parle, la désignant d'abord d'une manière générale par un seul mot : il quitta l'Egypte, puis reprenant en détail divers traits de la foi que Moïse fit paraître dans cette grande entreprise.
De ces mots : voyant Celui qui est invisible, et de l'exemple de Moïse,"nous recueillons que la vraie nature de la foi est d'avoir toujours Dieu devant les yeux, secondement, que la foi regarde des choses plus hautes et cachées en Dieu que celles que nos sens peuvent appréhender ; tiercement, que le seul regard de Dieu suffit pour vaincre notre mollesse, et faire que nous soyons plus endurcis que pierres contre tous les assauts de Satan."Calvin.