On a traduit diversement ce verset ; le sens adopté nous a paru le plus simple.
Les brebis que je pais ; littéralement : le troupeau de ma pâture, c'est-à-dire : que je pais moi-même ; cette expression est tirée de Jérémie 23.1.
Vous êtes hommes. Ezéchiel ne veut pas dire que dans ce cas-ci le troupeau se composera d'êtres humains, ce qui serait oiseux. Comme Dieu s'adresse souvent à lui en l'appelant fils d'homme, afin de faire contraster sa faiblesse propre avec la toute-puissance du Dieu qui lui parle, ainsi Dieu rappelle ici aux Juifs leur faiblesse, leur néant, pour leur faire sentir toute la condescendance qu'il y a de sa part à les appeler mes brebis et à se nommer lui-même : Je suis votre Dieu. Il y a dans la foi en un pareil Dieu de quoi surmonter toutes les objections que pourrait élever leur cur contre la possibilité de l'accomplissement des promesses précédentes.
Naturellement, toutes ces bénédictions spirituelles et temporelles ne pouvaient devenir le partage d'Israël qu'autant qu'il se soumettrait au sceptre du nouveau David. L'incrédulité des Juifs envers le Roi divin apparu en Jésus leur a attiré une nouvelle époque de châtiment, et ce ne sera qu'au terme de celle-ci que pourront enfin se réaliser ces promesses. En attendant, ce qui est dit ici des mauvais bergers s'applique, durant le règne spirituel de Jésus-Christ, à ses agents, dans le domaine spirituel, qui usent de leur charge et de leurs dons en vue d'eux-mêmes et non du troupeau. Pour l'opposition entre les mauvais pasteurs et le bon berger, comparez Jean 10.1-16.