Complainte sur le renversement de la royauté..
Cette élégie a été appelée avec raison la finale des menaces précédentes. Elle est aux prophéties des chapitres 2 à 18 ce que ce livre des Lamentations est au recueil des prophéties de Jérémie. Ce rapprochement est confirmé par l'emploi d'un rythme poétique semblable à celui des Lamentations. L'élégie contient deux parties : l'une historique, se rapportant au sort des deux derniers rois (Joachaz et Jéhojakim, réuni à son fils Jéhojachin) (versets 1 à 9) ; l'autre prophétique, dont les menaces se rapportent évidemment à Sédécias, le roi régnant (versets 10 à 14). Joachaz, Jéhojachin et Sédécias ont tous trois fini leurs jours en captivité. Ce sort commun, déjà accompli pour deux d'entre eux et imminent pour le troisième, est le lien qui les réunit dans la pensée du prophète. Ainsi l'élégie renferme un avertissement sérieux pour Sédécias. L'exemple de ses deux prédécesseurs doit l'éclairer sur le sort qui le menace. Ezéchiel lui-même distingue nettement les deux parties par la différence des images qu'il emploie ; dans la première, celle du lion, le roi des animaux ; dans la seconde, celle de la vigne, dont il s'était servi au chapitre 17, et qu'il reprend peut-être ici parce qu'il voit dans cette plante le plus noble des végétaux.
1 à 9 Le sort des souverains qui ont précédé le roi régnant.
Le terme de complainte (kinah, un chant plaintif) est celui par lequel on désigne chez les Juifs le recueil des Lamentations.
Les princes d'Israël : spécialement ici les trois fils du dernier roi, du pieux et illustre Josias (comparez Sophonie 1.8) : Jéhojakim, l'aîné, puis Joachaz et Sédécias, auxquels nous pouvons joindre Jéhojachin, successeur et fils du premier, neveu des deux autres.
Le terme d'Israël est plus général que celui de Juda ; il exprime mieux que ne l'aurait fait celui-ci, la totalité et la dignité du peuple élu.