La liaison des versets Ephésiens 4.29 et Ephésiens 4.30 se trouve dans ces "paroles mauvaises" par lesquelles on peut attrister le Saint-Esprit de Dieu.
- Ceux qui reculent toujours en présence du profond et vivant réalisme de l'Ecriture et ne tiennent pour vraies les pensées divines qu'après les avoir rendues superficielles, suivent ici le même principe et réduisent l'idée d'attrister le Saint-Esprit de Dieu (comparez Esaïe 63.10) à n'être plus qu'une image, par laquelle un sentiment humain est prêté à un être divin, incapable de l'éprouver. Il y a un autre principe qui est assurément plus sage et plus sûr : c'est de laisser la Parole de Dieu dire ce qu'elle dit.
Paul nous apprend ailleurs que le Saint-Esprit prend part à nos faiblesses, prie et soupire en nous. (Romains 8.25,26)
Ici il nous dit que cet Esprit, devenu un avec les enfants de Dieu dans une communion réelle et vivante, peut être attristé en eux par le péché. De même que le Fils de Dieu était attristé par les péchés et les souffrances des siens au milieu desquels il vivait, de même l'Esprit de Dieu peut l'être en ceux qu'il anime et sanctifie.
Le Dieu de la Bible, qui s'attribue à lui-même l'amour d'un père, (Psaumes 103.13) la tendresse d'une mère, (Esaïe 49.15) qui déclare qu'il est en angoisse dans les angoisses de son peuple, (Esaïe 63.9) le Dieu de la Bible n'est pas cet Etre froidement impassible dans son immensité, que nous décrit la philosophie de ce monde. Déjà en créant l'homme à son image, il trouva dans cette créature un objet d'amour et de joie. C'est pour cela même que l'ingratitude et le péché de ceux qu'il aime excitent en lui le déplaisir et la colère, comme leur repentance émeut sa miséricorde et ses compassions.
Pour les prémunir efficacement contre ce péché d'attrister le Saint-Esprit de Dieu (de Dieu, expression solennelle !), l'apôtre rappelle à ses frères qu'ils ont été scellés de cet Esprit pour le jour de la rédemption. (Voy. Ephésiens 1.13)
C'est-à-dire que Dieu commence en eux ici-bas par cet Esprit une œuvre de restauration, de vie nouvelle, qui ne cessera plus de s'avancer vers la perfection, jusqu'au jour où ils pourront avoir part à toute la gloire céleste. (Philippiens 1.6) Cet Esprit demeure en eux, s'identifie avec eux, avec leurs affections, avec leur vie ; il n'est plus en eux un hôte étranger, mais comme "Esprit de Christ," (Romains 8.9) il est devenu humain dans leur âme ; leurs joies sont ses joies, leurs infidélités l'attristent.
Qu'on ne redoute pas ici le panthéisme ! Cette vue profonde de l'union de l'homme avec Dieu ne deviendrait fausse et indigne de Dieu que si Dieu ou l'homme perdait dans cette communion quelque chose de sa personnalité. Mais cette personnalité, elle est consacrée de la manière la plus éclatante par cette magnifique pensée qu'un être fini est individuellement scellé du sceau de l'Esprit de Dieu pour la vie éternelle !