Christ, le chef de l'Eglise, après avoir accompli cette grande œuvre, (Ephésiens 2.14-16) est venu, par ses apôtres et par son Esprit, (Jean 14.18 ; Actes 26.23) annoncer (Grec : "évangéliser") cette paix à ceux qui étaient près (les Juifs) et à ceux qui étaient éloignés (les païens), ne faisant entre eux aucune différence. Cette venue doit s'entendre ici de la prédication de son Evangile dès la Pentecôte, puisque, personnellement, le Sauveur n'a pas annoncé cet Evangile aux païens.
D'autres voient néanmoins ici sa venue sur la terre, l'action qu'il a directement exercée et toute l'œuvre du salut qu'il a accomplie dès son incarnation. Ils prennent le mot venir dans le sens qu'il a dans Jean. (Jean 1.9,11 ; 6.14 ; 9.39 ; 11.27 ; 16.28)
Les païens faisaient partie de ce monde dans lequel Jésus était venu, et il était dans l'intention de Dieu et du Sauveur lui-même que l'Evangile leur fût annoncé. On peut hésiter entre ces deux interprétations ; la première est plus simple, plus conforme à la marche de la pensée dans ce morceau, puisque Paul a déjà mentionné l'œuvre accomplie par Christ. (Ephésiens 2.13)
- La paix est encore ici, comme dans les versets qui précèdent, la paix avec Dieu, et par suite la paix entre tous les hommes ainsi réconciliés. Le verset Ephésiens 2.18, qui complète la pensée de l'apôtre, embrasse, en effet, ces deux sens du mot. C'est par lui, comme médiateur, et dans le même Esprit de Dieu, qui les sanctifie, que les uns et les autres ont accès auprès de leur Père céleste, et que, par cela même, ils sont unis entre eux dans la vivante communion de ses enfants.
- On remarquera combien est expressive, à Ephésiens 2.17, cette répétition : la paix, à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près. Le texte reçu n'a ce mot qu'une seule fois.