Le grand commandement.
Ce verset pose le fait divin d'où découle le grand devoir. On l'a traduit de différentes manières : L'Eternel est notre Dieu ; l'Eternel est un ! ou bien : L'Eternel notre Dieu, l'Eternel, est un, et autrement encore. La traduction indiquée dans le texte nous paraît la plus exacte ; en voici le sens : Le Dieu que tu adores comme ton Dieu sous le nom de Jéhova (Jahvé, Celui qui est), est le seul être qui possède l'éternité. Tout autre être est par conséquent néant, à côté de lui. C'est ici l'affirmation la plus brève et la plus catégorique possible du caractère unique de la personne divine. Non seulement il ne peut être question pour Israël que de ce Dieu-là, mais le monde entier n'a pas d'autre maître ; ceci en opposition à l'idée régnante que chaque peuple avait son ou ses dieux particuliers, capables de le protéger et de le soutenir ; comparez Josué 9.9.
De tous temps cette affirmation a été considérée comme le point le plus essentiel du credo juif. C'est, dans le culte synagogal du matin et du soir, la formule par laquelle s'ouvre à chaque fois l'exhortation liturgique qui s'appelle schema ; elle comprend le paragraphe versets 4 à 9, et se récite sur un ton particulièrement élevé et solennel. C'est, la confession de foi d'Israël, son acte de foi, comme dit le rabbin Wogue. Le texte hébreu offre ici une singulière particularité, à laquelle les commentateurs juifs attribuent une très grande importance : le premier et le dernier mot du verset se terminent par deux lettres (schema et échad), dont la réunion forme le mot qui en hébreu signifie témoin. Les copistes écrivent ces deux lettres en caractères majuscules, sans doute pour indiquer que ces paroles sont le grand témoignage de la foi israélite.
Ecoute. Cet appel, propre à faire sentir toute l'importance de la déclaration qui va suivre, peut se comparer à l'expression : Amen, amen, par laquelle Jésus commence parfois ses discours. Voir, pour le sens du mot JéhovaExode 3.14-15 ; 6.3. Pour Elohim, voir Genèse 1.1.