Ce dernier verset achève de développer le jugement de Paul sur ces commandements et ces doctrines des hommes.
Ils ont bien quelque apparence (ou quelque renom) de sagesse ; on veut même y voir une sagesse plus profonde que dans le simple Evangile de Christ ; en quoi consiste-t-elle ? En un culte ou une dévotion volontaire, arbitraire, (comparez verset 18, où se retrouvent les mêmes termes, et où est mentionnée une forme de ce culte) qui va au delà même de ce que Dieu commande (ainsi les "conseils de l'Eglise," à côté des commandements de Dieu) ; en une humilité qui affecte de voir de l'orgueil dans la liberté du chrétien sauvé par grâce ; (comparez verset 18) en un traitement du corps sans ménagement, puisqu'on lui impose de dures privations, même dans le manger et le boire, (verset 21) et qu'on n'a aucun égard à ce qui peut satisfaire la chair.
Cette dernière phrase, littéralement traduite, porte : "Non en quelque honneur pour le rassasiement de la chair."
D'après plusieurs commentateurs, Paul énoncerait ici la proposition qui doit répondre à celle introduite par il est vrai. Ils traduisent : "mais ces ordonnances sont sans valeur aucune, elles tendent au rassasiement de la chair."
- Ce langage de l'apôtre renferme une pénétrante ironie, et l'on dirait que ces paroles sont toutes dirigées contre des doctrines qui ont cours aujourd'hui dans une immense fraction de la chrétienté. Certes, malgré ces principes si larges, Paul ne saurait être accusé d'indulgence pour la chair, car il prêche en toute occasion, et ici même, (verset 20, note) la mort, le crucifiement du vieil homme. (Comparer 1Corinthiens 9.27)
Mais ce qu'il combat avec tant d'énergie, c'est une fausse spiritualité qui consiste à mépriser le corps et à chercher la sainteté dans de faciles macérations, qui, loin de crucifier l'orgueil, lui servent plutôt d'aliment. Ce n'est que par une communion intime avec Christ que peut se produire en nous toute la puissance de sa mort et de sa résurrection.