Ce verset a donné lieu à diverses interprétations ; en voici d'abord la traduction littérale : "Lesquelles sont toutes pour la corruption, par l'usage (ou par l'abus), selon les commandements et les doctrines des hommes."
On peut entendre par lesquelles, les choses qu'il serait défendu de manger, de goûter, de toucher (en un mot, les aliments), et Paul déclarerait que ces choses, destinées à être détruites par l'usage journalier qu'on en fait, ne méritent pas que l'on y attache une importance religieuse. (Comparer 1Corinthiens 6.13 ; Matthieu 15.11)
Dans cette interprétation, il faut rattacher le dernier membre de la phrase (selon les commandements et les doctrines des hommes), non à ce qui précède immédiatement, non à ces choses qui périssent, mais à verset 20.
Ainsi, dans cette explication de notre verset, qui est celle de Calvin, l'apôtre combattrait ces interdictions légales par ces deux arguments : ce sont des choses matérielles destinées à périr, et elles ne sont défendues que par des préceptes humains.
Une autre interprétation consiste à voir dans ces choses les défenses ellesmêmes que Paul cite. Et dans ce cas, il déclarerait que ces choses conduisent à la corruption morale, par l'usage (ou par l'abus) qu'on en fait, selon les commandements et les doctrines des hommes. (Comparer Galates 6.8)
Si la première de ces interprétations parait d'abord la plus naturelle, l'autre est plus conforme à la construction du texte original et surtout à la réflexion qui suit. (verset 23) Quelle que soit, du reste, la signification qu'on préfère, on y trouvera toujours une puissante réfutation de l'erreur pernicieuse que l'apôtre combat.