Le corps de sa chair est le corps humain, faible, mortel, de Jésus, qu'il a livré pour nous.
Par sa mort, complète la pensée de l'apôtre, et équivaut à cette autre expression qu'il vient d'employer : (verset 20) "par le sang de sa croix," ou simplement "par sa croix." (Ephésiens 2.16)
Le rapprochement de ces termes si fréquents, si multipliés sous la plume des apôtres, et auxquels ils reviennent toutes les fois qu'ils veulent exposer la cause efficace du pardon des péchés ou de la réconciliation de l'homme avec Dieu, prouve avec la dernière évidence qu'ils voyaient cette cause dans l'acte suprême de la vie du Sauveur, sa mort sanglante sur la croix.
- Dès verset 21 (et vous) l'apôtre fait à ses lecteurs l'application personnelle de cette grande œuvre de rédemption, afin de les porter à la fermeté (verset 23) par la considération de cette grâce immense.
Comparer Ephésiens 5.27 ; 1.4. Le premier fruit de la mort de JésusChrist pour le croyant, c'est sa réconciliation avec Dieu, le pardon des péchés, en d'autres termes, la justification. Mais ces actes de la grâce divine, en introduisant l'homme dans une vie nouvelle, qui résulte de sa communion avec Dieu, produisent infailliblement en lui, par degrés, un autre fruit de l'œuvre du Sauveur, la sanctification du cœur et de la vie tout entière.
Ces deux côtés de l'action de la grâce sont inséparables, et là où le dernier ne se réalise pas, le premier ne peut être qu'une illusion. C'est donc à tort que plusieurs exégètes ont cru retrouver dans ces paroles simplement la pensée d'une justice imputée au pécheur, que Paul exprime fréquemment ailleurs, et non la justice et la sainteté inhérentes à l'âme du croyant. Bien que l'ensemble du texte pût conduire à cette interprétation, les termes emportent évidemment toute l'œuvre du salut et en dépeignent les deux faces corrélatives.
- Les mots : vous faire paraître devant lui montrent que l'apôtre a en vue le jour du jugement, où seront manifestés les secrets des cœurs. Par conséquent devant lui doit s'entendre de Christ, qui sera alors le Juge, et qui est d'ailleurs ici le sujet de toute la phrase.