Il en est de même de l'énigme finale : la fuite du bien-aimé. Sulammith est remontée jusqu'à l'origine de l'uvre messianique (verset 5) ; puis elle en a fait entrevoir la destination universelle (versets 8 à 10). Elle vient ensuite de jeter un regard sur l'apparition typique, d'un éclat extraordinaire, que Dieu en donne à Israël dans la personne et le règne de Salomon (versets 11 et 12). Et maintenant, semble-t-il, il ne lui reste plus qu'à s'unir à son bien-aimé. Au lieu de cela, le Cantique aboutit à un adieu. Le bien-aimé arrivait, se livrant à la première de ces perspectives. Il paraît, au verset 13, entouré de ses amis de noce et comptant bien que le moment est venu de célébrer enfin leur union. Pour la première fois, il prend la parole dans ce poème tout rempli de lui : Toi, habitante des jardins. Il l'appelle ainsi pour caractériser le contraste entre le séjour actuel de Sulammith et son propre séjour ordinaire qu'il vient de quitter avec ses compagnons pour la rejoindre. Les jardins, en opposition aux pâturages des montagnes, sont l'emblème d'une vie sociale bien réglée. Il désire encore, avant de l'emmener, qu'elle leur fasse entendre, à lui et à ses amis, un de ces chants qui les ont si souvent ravis autrefois.