Ma vigne, à moi. C'est la terre de Canaan, que Dieu a donnée à Israël. Elle est devant moi, sous mes yeux, et non pas comme ta vigne à toi, Salomon, dans des contrées lointaines.
A toi, Salomon, les mille : non pas les mille sicles qu'il retire des pays conquis, mais ceux qui lui sont dûs (aussi bien que par les autres pays) comme tribut sur la terre de Canaan. Deux cents aux gardiens de son fruit. Le fruit d'Israël est la fidèle adoration de Jéhova et l'obéissance sainte à la loi. Ceux qui sont appelés à veiller sur sa production et la conservation de ce fruit sont naturellement les ministres du culte, les sacrificateurs et les Lévites. Sur le tribut payé au roi par le peuple qu'elle représente, Sulammith réserve la part afférente à l'entretien de ces serviteurs de Dieu.
Comment Sulammith pourrait-elle parler à Salomon, comme simple jeune villageoise, du revenu de sa propre vigne et de l'obligation qu'elle y attache ? Il est bien évident que c'est Israël tout entier qui est personnifié en elle. Par sa bouche, le peuple fait vu de soumission à la royauté qu'il vient de se donner, mais réserve en même temps le droit de Dieu, auquel est subordonné celui du roi. Ce passage jette rétroactivement une vive lumière sur le drame à la fin duquel il se trouve.