On a beaucoup discuté sur les rapports de cette grande multitude avec les cent quarante-quatre mille. (versets 1-8)
Les interprètes qui voient dans ces derniers le peuple d'Israël, pensent que la grande multitude est composée des convertis d'entre les païens ; ils insistent sur le contraste qu'il y a entre cette foule innombrable de toute nation et le nombre exactement compté des fils d'Israël.
D'autres identifient complètement les cent quarante quatre mille avec la multitude ; Jean, dans la première vision, (verset 4) "entend" seulement le nombre de ceux qui sont marqués du sceau ; dans la seconde vision, il les voit, et ils lui apparaissent comme une foule que personne ne peut compter. Cette identification complète ne nous semble pas ressortir du texte.
Les deux tableaux prophétiques sont distincts et successifs (après cela). Le premier nous place sur la terre (verset 3) et nous montre l'Église militante, telle qu'elle est constituée au moment où vont commencer les malheurs des derniers temps. Le second nous transporte dans le ciel, à la fin des temps, et nous fait voir l'Église triomphante, qui est une grande multitude de toute nation, composée de tous ceux qui reviennent de la Grande tribulation, de tous les rachetés de Christ qui ont "blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau." (verset 14) Les cent quarante-quatre mille en font partie, mais d'autres avec eux, qui ont précédemment subi le martyre (Apocalypse 6.11) ou se sont endormis dans la foi en Jésus-Christ.
La vue de cette multitude renferme pour ceux qui luttent et souffrent ici-bas un double encouragement. C'est d'abord la pensée que ces rachetés forment une foule que personne ne peut compter. Sur la terre, le nombre des vrais disciples de Jésus, à chaque époque, paraît bien faible et insignifiant ; réunis dans le ciel, de tous les temps et de tous les lieux ils formeront une multitude innombrable.
C'est ensuite et surtout la peinture de leur félicité : ils se tiennent devant le trône de Dieu et devant l'Agneau, dans une intime et ininterrompue communion avec le Père (verset 15) par le Fils ; ils sont revêtus de robes blanches, (Apocalypse 3.4,5 ; 4.4 ; 6.11) symbole de la justice et de la sainteté parfaites qu'ils possèdent ; ils ont des palmes dans leurs mains, insignes de la victoire qu'ils ont remportée.