Les épîtres aux sept Eglises. Ch. 2 et 3 Chapitre 2. 1 à 7
A l'Eglise d'Ephèse.
Comparer Apocalypse 1.19, note. Ce commandement du Seigneur se renouvelle à chacune des sept lettres. Celles-ci sont composées suivant un ordre qu'il faut observer ; elles ont toutes trois parties :
1° Une introduction, dans laquelle le Seigneur se présente à l'Eglise avec quelqu'un des traits sous lesquels il est apparu à son disciple. (Apocalypse 1.12 et suivants) Le choix de ces traits n'est point arbitraire ; il est dans un rapport intime, facile à saisir, avec l'état de l'Eglise à laquelle le Seigneur s'annonce.
2° Le corps même de l'épître qui s'ouvre par cette déclaration de la toute science divine : Je connais ; ce verbe est suivi du complément : tes œuvres, (Apocalypse 2.2,19 ; 3.2,8,15) ou d'une proposition caractérisant la situation de l'Eglise. Puis le Seigneur juge la conduite de l'Eglise, ajoutant le blâme à la louange, sauf pour Smyrne et Philadelphie. Enfin, il fait entendre à l'Eglise une sérieuse exhortation, qui prend tantôt la forme d'une menace, (versets 22,23) tantôt celle d'une consolation et d'un encouragement. (Apocalypse 3.9,10)
3° La conclusion, renfermant une promesse à celui qui vaincra. Cette promesse est précédée dans les trois premières lettres, suivie dans les quatre dernières, de ces mots solennels, propres à réveiller la conscience : Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises !
- Les sept lettres sont donc dans un rapport intime avec la vision qui les ouvre ; elles en font comprendre le but. Elles forment, avec le premier chapitre, une introduction à toute l'Apocalypse. Il est évident que ces lettres, comme les épîtres du Nouveau Testament, comme toutes les autres Ecritures, ont un caractère de permanence qui en rend les leçons applicables aux Eglises de tous les temps ; car l'œuvre de Dieu, d'une part, et les besoins du cœur de l'homme d'autre part, restent les mêmes au fond, malgré la diversité infinie des circonstances.
Mais peut-on aller plus loin, et, parce que l'Apocalypse est un livre prophétique, ces lettres ont-elles déjà ce caractère ? En d'autres termes doit-on voir en chacune d'elles le type d'un état religieux et moral de l'Elise de Jésus-Christ à telle époque déterminée de son histoire ?
D'excellents exégètes l'ont prétendu (Voir l'Introduction), mais dans l'application de ce principe aux faits, leurs vues diffèrent à l'infini, parce qu'ils sont livrés à l'arbitraire. Il faut donc s'en tenir au sens immédiat, historique et pratique de ces admirables exhortations.
- La première Eglise à laquelle le Seigneur s'adresse est celle d'Ephèse, célèbre entre toutes les Eglises de Jésus Christ dans cette partie de l'Asie Mineure, dont elle était le centre. (Voir l'Introduction à l'épître aux Ephésiens.)
Après Paul (Actes 20.31) et son disciple Timothée, (1Timothée 1.3) Jean lui-même séjourna longtemps au milieu de ce troupeau privilégié. Le Seigneur n'en a pas moins un reproche bien grave à lui adresser ! (verset 4)
Ces mots répétés à chaque lettre : "Voici ce que dit,..," rappellent la solennelle formule des prophètes : "Ainsi a dit l'Eternel." (Esaïe 3.15 ; Jérémie 2.2 ; Ezéchiel 3.11 ; Amos 1.3,6,9,11,13, etc.)
- Le Seigneur tient les sept étoiles en sa main droite (comparez Apocalypse 1.16, note ; Apocalypse 1.20, note), montrant par là que les Eglises, et ceux qui les représentent ou les conduisent, lui appartiennent. Il marche au milieu des sept chandeliers ; (comparez Apocalypse 1.13,20 note) il est constamment présent et agissant au milieu des Eglises, elles reçoivent de lui la lumière, et il peut, quand il le veut, "ôter le chandelier de sa place." (verset 5)