L'auteur fait de nouveau (comparez Apocalypse 13.18) appel à l'intelligence qui a de la sagesse, en vue de l'explication qu'il va donner des sept têtes de la bête. Il en donne même deux explications.
Les sept têtes figurent sept montagnes sur lesquelles la femme est assise. On ne saurait dire plus clairement que la femme, (versets 1-6) c'est Rome, la ville bâtie sur sept collines.
Cette indication précise s'oppose à toutes les applications qu'on a tenté de faire de ce symbole à l'Eglise déchue ; elle prouve que l'auteur avait en vue l'empire et sa capitale.
Il faut remarquer aussi que cette première explication s'écarte de la signification attribuée aux quatre bêtes de Da (7 :3-7) qui représentaient quatre rois (Daniel 7.17) ou royaumes ; (Daniel 7.23) ce sens devait naturellement passer aux sept têtes de la bête de l'Apocalypse, puisque ces sept têtes sont la somme des têtes des quatre animaux de Daniel 7.3-7. (Comparer Apocalypse 13.1, note.)
C'est à ce sens, plus conforme à la tradition, que l'auteur revient dans sa seconde explication des sept têtes. (verset 10) S'il fait ce rapprochement entre les sept têtes de la bête et les sept collines de la ville de Rome, c'est qu'il a trouvé dans la coïncidence du nombre des têtes et de celui des collines l'indice auquel il a reconnu que les sept têtes ne représentaient pas sept rois gouvernant des royaumes différents, comme les quatre rois de Daniel, mais sept empereurs de Rome.