Saul de Tarse devient apôtre de Jésus. Chapitre 9. 1 à 19
Conversion de Saul.
Encore, ce mot nous reporte à Actes 8.1-13.
La haine de Saul contre les disciples du Seigneur n'avait pas été assouvie par la persécution qui a ravagé l'Eglise de Jérusalem ; il respire la menace et le meurtre, comme on respire l'air ; dans l'original, ces compléments sont au génitif pour indiquer l'élément de son souffle : il respire de menace et de meurtre, c'est-à-dire de désir de tuer ; cette passion était devenue sa vie.
Paul décrira lui-même avec plus d'énergie encore cet état d'âme. (Actes 22.4,26.11)
Les historiens se sont souvent demandé si une certaine préparation morale ne précéda pas pour Saul le miracle de sa conversion.
Sans diminuer en rien la réalité de ce miracle, des théologiens évangéliques, dans le désir bien naturel de montrer la possibilité psychologique d'une telle transformation, ont supposé que Saul avait dû recevoir de la mort d'Etienne, de sa foi triomphante, de sa prière pour ses bourreaux, une impression profonde ; que ses discussions avec les chrétiens, (Actes 6.9, note) leurs réponses dans les interrogatoires qu'il leur faisait subir quand il les arrêtait, (Actes 8.3) l'avaient ébranlé dans ses idées juives, et lui avaient inspiré des doutes sur la voie qu'il suivait, des scrupules sur la légitimité de la persécution.
Cela est possible ; mais il faut tenir compte du caractère ardent et absolu de Saul : de telles pensées, si réellement elles se sont produites, furent bientôt étouffées par sa conviction de la sainteté de la loi mosaïque et par son orgueil de pharisien, en sorte que sa haine aveugle contre les chrétiens devint du fanatisme.
Saul pensait servir Dieu en s'efforçant d'anéantir une secte impie à ses yeux. (Jean 16.2)
Seulement il était sincère dans son erreur ; et cette sincérité, ce ferme dessein d'obéir à Dieu, (Jean 7.17) fut probablement toute sa préparation intérieure.
On l'a dit avec raison, un Caïphe plus hypocrite que fanatique, guidé par les intérêts de son ambition et non par la préoccupation de faire la volonté de Dieu n'aurait pu être converti comme Saul.
L'apôtre lui-même affirmera plus tard que tel était bien son état d'âme immédiatement avant sa conversion. (Galates 1.13 et suivants, 1Timothée 1.13-15)
Celle-ci fut un coup de foudre qui l'atteignit comme il marchait avec assurance dans la voie du pharisaïsme persécuteur, (Philippiens 3.4-6) la grâce divine le "saisit" (Philippiens 3.12) dans son aveuglement et son orgueil ; il dut en éprouver la souveraine puissance, afin de devenir, comme d'autres après lui, un Augustin, un Luther, un Calvin, l'apôtre de la grâce. (Comparer verset 19, note.)