On peut trouver étrange la manière dont le débat est introduit devant les apôtres et les anciens de Jérusalem.
Les délégués d'Antioche racontent les succès missionnaires de Paul et de Barnabas, (verset 4) mais ils ne disent mot du conflit qui avait éclaté dans leur Eglise, et au sujet duquel ils avaient été envoyés à Jérusalem. (verset 1)
Ce sont des membres de l'Eglise de Jérusalem, anciens pharisiens, qui commencent le débat en élevant leurs prétentions relatives à la circoncision des païens. Il semblerait, à nous en tenir au texte des principaux manuscrits, que la discussion naquît spontanément à Jérusalem, sans être provoquée par la députation d'Antioche.
Pour éviter cette incohérence du récit, quelques interprètes ont supposé que le verset 5 faisait encore partie du rapport des délégués ; (verset 4) ils racontèrent,...mais que quelques-uns...s'étaient élevés...
Cette explication est peu naturelle.
La difficulté peut être aplanie d'une manière plus naturelle, si l'on admet l'adjonction du texte occidental à verset 1. (Voir la note.) D'après ce texte les membres de l'Eglise de Jérusalem, qui avaient été troubler l'Eglise d'Antioche étaient déjà d'anciens pharisiens, et sans doute les mêmes personnages qui élevèrent les premiers leurs prétentions à Jérusalem. Revenus au sein de leur Eglise, ils engagèrent la lutte, à l'arrivée des délégués d'Antioche, en répétant les exigences qu'ils avaient formulées à Antioche.
Ces adversaires, nous dit Luc, avaient appartenu, avant leur conversion à la secte des pharisiens, et n'en avaient point renié les principes. (verset 1, note.) Ils n'avaient cru que par l'intelligence, et animés peut-être par ce zèle de prosélytisme qui caractérisait les pharisiens, (Matthieu 23.15) ils n'avaient admis l'Evangile que par des motifs intéressés.
En effet, Paul les appelle des "faux frères qui s'étaient introduits parmi nous et s'y étaient glissés secrètement pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ." (Galates 2.1)