Grec : Dès les générations anciennes.
Les paroles par lesquelles Jacques termine son discours sont évidemment destinées à motiver sa proposition.
Comme elles ne sont pas très claires, on les comprend de deux manières : puisque Moïse est lu et prêché, il n'est pas nécessaire de rien prescrire aux chrétiens juifs qui sont instruits par lui ; ils n'ont qu'à observer la loi comme ils l'ont fait jusqu'ici.
Ou bien : Moïse étant depuis si longtemps prêché dans chaque ville et lu dans les synagogues chaque jour de sabbat, la loi étant ainsi profondément graves dans l'esprit des Juifs et connue même des païens qui les entourent, il faut empêcher que des hommes admis comme membres dans des Eglises aient une conduite en contradiction flagrante avec les principes de cette loi. Ce serait un scandale pour leurs frères sortis du judaïsme et un sujet d'étonnement pour les païens eux mêmes.
Nous pensons que cette dernière pensée est celle que Jacques a voulu exprimer. Si c'est dans un tel esprit de charité que ces prescriptions furent proposées par Jacques et votées par l'assemblée, on comprend que Paul ait pu les accepter sans rien concéder de ses principes relatifs au salut par grâce et à la liberté chrétienne. Lui-même, traitant plus tard ces questions dans ses épîtres aux Corinthiens (1Corinthiens 8-10) et aux Romains (Romains 14 et Romains 15), exhortera les forts à faire des concessions aux faibles.
On a dit que le vote de l'assemblée de Jérusalem, qui aurait prescrit ces conditions aux chrétiens sortis du paganisme, était en contradiction avec l'affirmation de Paul : (Galates 2.6) "Ceux qui sont les plus considérés ne m'ont rien imposé." Mais s'exprimant ainsi Paul parlait de la circoncision, dont les judaïsants exigeaient l'application à Tite. Il pouvait, malgré les ordonnances édictées par l'assemblée de Jérusalem, dire en toute vérité qu'on ne lui avait rien "imposé," car ces ordonnances, déjà observées par les prosélytes, n'introduisaient aucune condition nouvelle et laissaient intacte la question de principe.
Quant à ce que Paul écrit : (Galates 2.10) Seulement que nous nous souvenions des pauvres, ces paroles expriment un vœu, une recommandation, non une prescription. On ne saurait donc les opposer au récit de Luc.