Avec une sagesse tout apostolique Jacques propose donc de ne point (grec) importuner à côté, en outre, les païens qui se convertissent à Dieu, en leur imposant, en plus de la foi, la circoncision et l'observation de la loi de Moïse, (verset 5) mais simplement de leur recommander l'abstention, toute négative et facile, de certaines pratiques autorisées dans le paganisme, mais qui, interdites par la loi, étaient un objet d'horreur pour les Juifs.
Sans cette précaution, aucunes relations fraternelles n'auraient pu s'établir entre les croyants nés dans le judaïsme et ceux qui se convertissaient du paganisme.
Ces prescriptions, que les Juifs faisaient déjà aux prosélytes d'entre les païens, portaient sur trois points : d'abord les souillures des idoles, ce qui, d'après verset 29, signifie les viandes sacrifiées aux idoles. On en faisait des festins qui dégénéraient en orgies. Et, même sans ces abus, manger de ces bêtes sacrifiées aux idoles était aux yeux de quelques-uns participer au culte païen. (Voir 1Corinthiens 8)
Jacques nomme en second lieu la fornication, ou l'impureté. (Comparer verset 29, où l'ordre de ces prescriptions est différent.) On s'est étonné de rencontrer ce précepte tout moral au milieu d'ordonnances qui n'avaient qu'un caractère rituel. Mais si l'on se souvient de ce qu'étaient les mœurs du paganisme si l'on considère que les meilleurs de ses moralistes ne réprouvaient que l'adultère, et encore celui de la femme seule, on ne pensera plus que des païens convertis arrivassent, en un jour, à pratiquer la pure morale chrétienne. Au reste, il se peut, comme le pensent beaucoup d'interprètes, qu'il s'agisse de mariages à des degrés prohibés par la loi, (Lévitique 18) ou de relations contraires à la stricte monogamie. (1Timothée 3.2, 1re note.)
Enfin, la loi de Moïse interdisait aux Juifs de manger des animaux étouffés (grec de l'étouffé) ou du sang conservé dans les bêtes qui n'avaient pas été saignées. (Lévitique 3.17 ; 17.10-14) Ils avaient donc horreur du sang comme aliment, et leurs frères devaient, par charité, respecter ce scrupule.
Plusieurs interprètes comptent quatre préceptes en distinguant l'interdiction de manger fa viande des animaux étouffés de l'interdiction de goûter du sang, ils fondent cette distinction sur le fait que dans les sacrifices, les païens buvaient le sang des victimes, mélangé à du vin.