Grec : Or une agitation étant advenue et à Paul et Barnabas une non petite dispute contre eux.
L'agitation (le mot signifie soulèvement, sédition, Actes 19.40) se produisit dans L'Eglise, Paul et Barnabas s'opposant vivement aux docteurs judéens.
Ils résolurent (grec ils ordonnèrent), savoir les chrétiens de L'Eglise d'Antioche. L'Eglise choisit pour cette délégation Paul et Barnabas, qu'elle considérait comme ses conducteurs, et quelques autres de ses membres.
Parmi les délégués était Tite disciple bien-aimé de Paul. (Galates 2.1 ; 1.4)
L'Eglise de Jérusalem, très nombreuse, (Actes 21.20) ayant à sa tête les apôtres et les anciens, était la métropole de la chrétienté. Il était donc naturel que celle d'Antioche désirât avoir son avis sur la grave question qui l'agitait ; d'autant plus que ceux qui avaient soulevé le conflit (verset 1) se donnaient comme agissant par l'autorité de L'Eglise de Jérusalem. (verset 24) Il importait donc de s'entendre pour conserver la paix.
Quant à Paul, c'est bien aussi par amour de la paix qu'il consentit à cette délégation ; (Galates 2.2) car, comme il le déclare positivement, il n'avait point à soumettre l'Evangile qu'il prêchait aux jugements des autres apôtres, ayant reçu son apostolat directement de Dieu et de Jésus Christ. (Galates 1.1)
Dans le chapitre 2 de l'épître aux Galates, (Galates 2) Paul a écrit une relation abrégée de ce voyage à Jérusalem, dans laquelle se trouvent quelques traits qui paraissent différer du récit de Luc et dont il faut tenir compte dans l'explication de ce dernier.
Ainsi, d'après Galates 2.1, ce voyage serait le second depuis sa conversion, tandis que, selon Luc, ce serait le troisième. (Voir sur cette question, Actes 11.30, note.)
Ainsi encore, Paul nous dit qu'il le fit "par une révélation de Dieu," (Galates 2.2) tandis que, dans notre récit, il ne paraît obéir qu'au vœu de l'Eglise d'Antioche.
Mais ces deux motifs se concilient parfaitement. Paul aurait probablement refusé cette délégation comme contraire à l'autorité de son apostolat, s'il n'avait eu une direction d'en haut.
- Quant à l'époque de ce voyage, la relation de Luc peut s'accorder avec celle de l'apôtre. Nous lisons dans Galates 2.1 qu'il retourna à Jérusalem "quatorze ans après," après sa conversion ou après sa première visite, (Galates 1.18) c'est-àdire dix-sept ans après sa conversion. Or, comme on place cette conversion en 35 ou 36, et le concile de Jérusalem dans les années 50 à 52, le voyage raconté par Paul (Galates 2.1) eut lieu dans le même temps que celui-ci.