La transition entre verset 26 et vers 27 est marquée par la particule car :
Que signifie ce car ?
Selon Meyer, il indiquerait le motif pour lequel le salut est annoncé à ces Juifs dispersés. C'est que ceux de Jérusalem l'ayant repoussé, ils en ont été privés par un juste jugement de Dieu et qu'il a été envoyé à d'autres Israélites, non coupables de cette criminelle ingratitude.
Mais, comme l'observe de Wette, ce n'est pas la raison pour laquelle. le salut est annoncé aux Juifs d'Antioche, auxquels il serait parvenu en tout cas.
Calvin pense que l'apôtre excite ainsi en ses auditeurs le désir de recevoir l'Evangile, afin de ne pas se rendre complice du crime commis à Jérusalem.
Mais ces explications supposent à verset 26 la leçon du texte reçu : c'est à vous que la parole de ce salut est envoyée.
D'après la leçon beaucoup plus autorisée : c'est à nous, Paul n'oppose pas les habitants de Jérusalem à ses auditeurs actuels. Ce qu'il dit de leur conduite à l'égard de Jésus, de la mort qu'ils lui ont fait subir, de sa résurrection accomplie par Dieu et attestée par des témoins dignes de foi, (versets 27-31) est destiné à justifier (car) la grande affirmation qu'il venait d'émettre, (verset 26) à démontrer que c'est bien la parole du salut qui nous est envoyée, à prévenir dans l'esprit de ses auditeurs, comme le dit Calvin, une objection qui pouvait les scandaliser :"Quoi ! tu nous annonces le salut au nom d'un homme que les chefs de notre nation ont mis à mort avec la dernière ignominie !"Oui, répond Paul ils l'ont méconnu, rejeté, crucifié. mais ils n'ont fait en le jugeant qu'accomplir les paroles des prophètes, paroles qu'ils connaissaient bien, car elles se lisent, dans leurs synagogues, chaque jour de sabbat !
On peut traduire aussi, et cette traduction est peut-être plus exacte : Ayant méconnu celui-ci (Jésus) et les paroles des prophètes qui se lisent chaque jour de sabbat, ils ont, en le jugeant, accompli ces paroles.