En vérité, je reconnais, ce verbe est au présent, c'est une lumière, une conviction (sens du mot grec) qui se fait en ce moment même dans l'esprit de l'apôtre.
Qu'est-ce qui a concouru à former en lui cette conviction ?
D'abord la vision qu'il a eue, puis le récit de Corneille qui la lui rend claire. Une parole de l'Ecriture qu'il connaissait lui devient tout à coup lumineuse : Dieu ne fait point acception de personnes, littéralement : Dieu ne reçoit pas le visage, l'extérieur, l'apparence. (Deutéronome 10.17 ; 1Samuel 16.7 ; comparez Romains 2.11 ; Galates 2.6 ; Ephésiens 6.9 ; 1Pierre 1.17)
A quoi donc regarde-t-il ? Au cœur, à la vie, à la crainte qu'on a de lui, à la pratique de la justice.
Quiconque est dans ces dispositions, à quelque nation qu'il appartienne, Juif ou païen, lui est agréable (grec recevable, acceptable, agréé.) Il n'est point encore en plein dans le royaume de Dieu, mais tout préparé pour y entrer.
- Il est évident que Pierre applique à Corneille cette grande vérité. Mais on ne saurait en conclure que"toutes les religions sont bonnes."L'histoire de Corneille qui doit être amené à la connaissance de Christ pour avoir part au salut contredit précisément une telle opinion.
"Trouver dans cette parole l'idée que toutes les religions se valent, et s'en servir pour vanter l'indifférentisme, est la plus haute légèreté exégétique"De Wette.