C'est sans doute encore l'apôtre Pierre qui prononce cette prière au nom de tous, (verset 15) mais c'est avec raison qu'elle est attribuée à tous les assistants, parce que tous priaient dans leur cœur.
Ce qu'ils demandent au Seigneur, c'est de montrer, de révéler par le sort qui va être jeté, (verset 26) lequel de ces deux il avait choisi, afin que ce choix fut bien de lui et non des hommes.
- Les mots ministère (service) et apostolat s'appliquent à une seule et même fonction. Judas l'avait abandonnée pour s'en aller en son propre lieu. Parole tragique qui, ici, ne peut signifier autre chose que le lieu ou l'état d'un malheur sans remède. (Matthieu 26.24) Ainsi chacun, en mourant, s'en va en son propre lieu qui est déterminé par les dispositions intérieures de son âme.
D'autres explications données de ce terme, comme sa maison, ou le champ qu'il avait acquis, (verset 18) ne se discutent pas.
- A qui s'adresse cette prière ? Au Seigneur Jésus, répondent Bengel, Olshausen, Baumgarten, Ebrard, Lechler, parce que c'est par le nom de Seigneur que les disciples désignent toujours leur Maître, (verset 6) et parce que c'est lui qui avait choisi tous ses apôtres et qui devait aussi choisir celui-ci.
C'est à lui également que s'adressera la dernière prière d'Etienne. (Actes 7.59) Meyer pense, au contraire, que Pierre parle à Dieu, à qui appartient cet attribut de connaître les cœurs de tous. (Actes 15.8 ; Luc 16.15 ; Jérémie 17.10)
Mais Jésus, même dans son état d'humiliation, "savait ce qui était dans l'homme." (Jean 2.25 ; 21.17) Il n'y a rien dans le texte qui décide la question d'une manière péremptoire.