La tristesse selon Dieu est une tristesse qui se rapporte à Dieu, à sa volonté violée, au péché qui l'offense, elle est produite dans le cœur par son Esprit. Aussi produit-elle à son tour (Grec : elle "opère") une repentance (Grec : "conversion, changement d'esprit, de disposition"), dont on ne se repent jamais, parce que cette conversion est pour le salut, ou plutôt elle est le salut même, elle délivre l'âme du péché et lui donne l'assurance de la vie éternelle.
Dire qu'on ne s'en repent jamais, c'est dire qu'on en recueille la joie la plus pure. Telle a été la tristesse des Corinthiens. (verset 9)
- La tristesse selon le monde, au contraire, se rapporte tout entière à cette terre, à ses avantages perdus, à ses espérances déçues, à notre orgueil froissé, à nos maux sans remède ; et comme le cœur n'en reste pas moins enchaîné à ce monde qui passe avec sa convoitise, l'âme, qui en est l'esclave, périt avec lui.
Cette tristesse produit la mort. Quelquefois même elle produit littéralement et brusquement la mort : le suicide !
- Quelques interprètes rapportent les mots : dont on ne se repent pas, non à repentance, mais à salut.
C'est plus grammatical peutêtre, mais c'est rendre fade la pensée. Qui a l'idée de se repentir du salut ? La pensée si applicable aux Corinthiens, et exprimée par une piquante antithèse, est effacée par cette construction.