L'apôtre n'a pas achevé cette longue phrase (1Timothée 1.3,4) que nous rendons telle qu'il l'a laissée. Il s'agit de bien saisir les pensées qui se pressent sous sa plume et qui souvent le détournent d'une construction rigoureusement grammaticale.
- Il rappelle d'abord (1Timothée 1.3) à son disciple qu'il l'a exhorté à rester à Ephèse dans un but important qu'il va indiquer. (1Timothée 1.3,4) Cela eut lieu lorsqu'il partit d'Ephèse pour la Macédoine. Or, on cherche en vain dans la vie de Paul, selon le récit des Actes, le voyage ici mentionné. On cite Actes 20.1-4, mais plusieurs circonstances ne coïncident pas.
D'autres ont imaginé un voyage, qui ne serait pas raconté par Luc, mais sans aplanir les difficultés. Il est donc très probable qu'il s'agit d'une époque postérieure qui doit se placer après la première captivité de l'apôtre. (Voir l'introduction 2.)
- Le but de l'apôtre, en laissant Timothée à Ephèse, était qu'il recommandât à certaines personnes (bien connues de lui) de ne pas enseigner une autre doctrine (Grec : "enseigner autrement") que celle de Paul. C'est ce qu'il appelle ailleurs "prêcher un autre Evangile." (Galates 1.6 ; comparez 2Corinthiens 11.4) Ces fausses doctrines, il les désigne comme des fables et des généalogies interminables. Timothée savait certainement ce qu'il devait entendre par là.
Aujourd'hui, les exégètes proposent les explications les plus diverses de ces termes.
Les uns pensent qu'il s'agit des traditions fabuleuses par lesquelles les Juifs prétendaient expliquer l'Ancien Testament et qui ont formé peu à peu la science talmudique, aussi bien que des recherches généalogiques sur les ancêtres du Messie.
Les autres appliquent ces mots aux vaines spéculations sur les ordres divers des anges, dont on trouve déjà des traces dans de précédentes épîtres. (Ephésiens 1.21 ; Colossiens 1.16 ; 2.10-15)
D'autres encore veulent retrouver ici les premiers germes des notions gnostiques sur des émanations successives d'êtres spirituels, toutes les perfections de Dieu s'engendrant les unes les autres dans une succession infinie, interminable.
- Quel que fût le sens précis de ces erreurs, il est certain que l'imagination des fidèles n'ayant pour guide ni la raison ni la révélation, ne pouvait produire que des disputes, et non la dispensation de Dieu, qui est dans la foi. Le texte reçu lit ici l'édification de Dieu. Dans ce sens, l'apôtre voudrait parler d'une édification selon Dieu, opérée par lui, dont la foi est le vrai élément, et qu'il opposerait aux vaines spéculations. Mais au lieu de ce mot édification, la plupart des manuscrits portent l'expression que nous rendons par la dispensation, ou l'économie ou l'administration et qui désigne tout ce que Dieu a fait pour le salut des hommes. (Comparer Ephésiens 1.10 ; 3.2-9 ; ou encore 1Corinthiens 9.17)
L'apôtre veut dire que cette dispensation de Dieu dans l'Evangile de sa grâce doit être reçue par la foi et n'est pas favorisée, avancée au milieu des hommes pour les faux systèmes qu'il combat, mais tout au contraire. Ou bien, s'il prend ce mot dans le sens de 1Corinthiens 9.17, (Comparer 1Timothée 4.1) c'est-à-dire comme signifiant l'administration du ministère évangélique, il entend que ceux qui sont revêtus par Dieu de cette charge doivent s'en acquitter dans la foi et non dans l'esprit de ces systèmes humains.