L'expression figurée dont se sert l'apôtre vient de ce qu'il considère l'Esprit de Dieu comme une flamme ou un feu susceptible de s'éteindre.
On peut l'entendre des mouvements du Saint-Esprit dans le cœur qui sont étouffés par l'influence de la chair ou du monde. (Comparer Ephésiens 4.30) Mais ainsi que le prouve le verset suivant, l'apôtre pense plutôt aux manifestations de l'Esprit de Dieu dans l'Église, aux dons, que Dieu distribue comme il le veut. (1Corinthiens 14)
On pouvait éteindre les dons de l'Esprit en n'en permettant pas l'expression et l'application au profit de tous. On éteint l'Esprit aujourd'hui encore par des institutions d'Église et de culte qui n'offrent aux membres vivants du troupeau aucun moyen de faire valoir ce qu'ils reçoivent pour l'édification commune ; on l'éteint par des formes invariables qui ne laissent aucune place aux manifestations infiniment variées du souffle divin ; on l'éteint surtout lorsqu'on lui trace, au moyen de certaines cérémonies réservées à une seule classe d'hommes, un canal par lequel seul il doit venir animer l'Église. (Succession apostolique, intermédiaire obligé du prêtre ou du pasteur.)
"C'est une des principales causes de la décadence de notre Église,remarque Gerlach,que l'action des laïques, l'expression des dons qu'ils ont reçus de Dieu pour l'utilité de tous, n'a aucune sphère d'activité qui lui soit assignée dans le troupeau."