Tout par grâce · Charles H. Spurgeon
Chapitre 2
Où voulons-nous en venir ?
J'ai entendu une histoire ; je crois qu'elle venait du nord de l'Angleterre. Un pasteur alla voir une pauvre femme dans l'intention de lui venir en aide, car il savait qu'elle était très pauvre. Sa pièce d'argent à la main, il frappa à la porte ; mais elle ne répondit pas. Il en conclut qu'elle n'était pas chez elle et s'en alla. Peu après, il la rencontra à l'église et lui dit qu'il avait pensé à ses besoins : « Je suis passé chez vous, j'ai frappé plusieurs fois, et je suppose que vous n'étiez pas là, car personne n'a répondu. » « À quelle heure êtes-vous passé, monsieur ? » « Vers midi. » « Oh ! là là, dit-elle, je vous ai bien entendu, monsieur, et je suis vraiment désolée de ne pas avoir répondu ; mais j'ai cru que c'était l'homme qui venait réclamer le loyer. » Bien des femmes pauvres savent ce que cela veut dire. Eh bien, moi, je désire être entendu, et c'est pourquoi je tiens à vous dire que je ne viens pas réclamer le loyer ; à vrai dire, ce livre n'a pas pour but de vous demander quoi que ce soit, mais de vous annoncer que le salut est tout par grâce, c'est-à-dire gratuit, donné, pour rien.
Bien souvent, quand nous cherchons à nous faire écouter, notre auditeur pense : « Ah ! voilà qu'on va me parler de mon devoir. C'est l'homme qui vient réclamer ce qui est dû à Dieu, et je suis sûr de n'avoir rien pour payer. Je ne serai pas chez moi. » Non, ce livre ne vient pas vous réclamer quelque chose, mais vous apporter quelque chose. Nous n'allons pas parler de loi, de devoir et de châtiment, mais d'amour, de bonté, de pardon, de miséricorde et de vie éternelle. N'agissez donc pas comme si vous n'étiez pas chez vous : ne faites pas la sourde oreille, ne gardez pas un cœur indifférent. Je ne vous demande rien, ni au nom de Dieu ni au nom des hommes. Je n'ai pas l'intention d'exiger quoi que ce soit de vous ; mais je viens au nom de Dieu vous apporter un don gratuit, et le recevoir fera votre joie, maintenant et pour l'éternité. Ouvrez la porte, et laissez entrer mes supplications. « Venez et plaidons ! » (Ésaïe 1,18). Le Seigneur lui-même vous invite à vous entretenir avec lui de votre bonheur, immédiat et sans fin, et il ne l'aurait pas fait s'il ne vous voulait pas du bien. Ne repoussez pas le Seigneur Jésus qui frappe à votre porte ; car il frappe d'une main qui a été clouée au bois pour des gens tels que vous. Puisque son seul et unique but est votre bien, prêtez l'oreille et venez à lui. Écoutez attentivement, et laissez la bonne parole pénétrer dans votre âme. Il se peut que l'heure soit venue où vous allez entrer dans cette vie nouvelle qui est le commencement du ciel. « La foi vient de ce qu'on entend » (Romains 10,17), et lire, c'est une manière d'entendre : la foi peut vous venir pendant que vous lisez ce livre. Pourquoi pas ? Ô bienheureux Esprit de toute grâce, fais qu'il en soit ainsi !
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : All of Grace, Robert Carter & Brothers, 1886 (archive.org, exemplaire du Princeton Theological Seminary) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).