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Tout par grâce · Charles H. Spurgeon

Chapitre 12

La foi qui grandit

Comment pouvons-nous obtenir une foi plus grande ? Voilà une question bien sérieuse pour beaucoup. Ils disent qu'ils veulent croire, mais qu'ils n'y arrivent pas. On dit beaucoup de bêtises à ce sujet. Soyons tout à fait pratiques en l'abordant. On a besoin de bon sens en religion autant qu'ailleurs. « Que dois-je faire pour croire ? » Quelqu'un à qui l'on demandait la meilleure façon de faire une certaine chose toute simple répondit que la meilleure façon de la faire, c'était de la faire tout de suite. Nous perdons notre temps à discuter des méthodes quand l'action est simple. Le plus court chemin pour croire, c'est de croire. Si le Saint-Esprit vous a rendu sincère, vous croirez dès que la vérité vous sera présentée. Vous la croirez parce qu'elle est vraie. L'ordre de l'Évangile est clair : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Actes 16,31). Il est vain de s'y dérober par des questions et des chicanes. L'ordre est clair ; qu'on y obéisse. Mais si malgré tout vous avez une difficulté, portez-la devant Dieu dans la prière. Dites au grand Père exactement ce qui vous embarrasse, et suppliez-le de résoudre la question par son Saint-Esprit. Si je n'arrive pas à croire une affirmation dans un livre, je suis content de demander à l'auteur ce qu'il veut dire ; et si c'est un homme loyal, son explication me satisfera : à bien plus forte raison l'explication divine des passages difficiles de l'Écriture satisfera-t-elle le cœur de celui qui cherche vraiment. Le Seigneur veut bien se faire connaître ; allez à lui, et voyez si ce n'est pas vrai. Retirez-vous tout de suite dans votre chambre, et criez : « Ô Saint-Esprit, conduis-moi dans la vérité. Ce que je ne sais pas, enseigne-le-moi. »

De plus, si la foi vous semble difficile, il se peut que Dieu le Saint-Esprit vous rende capable de croire si vous entendez très souvent, et avec sérieux, ce qu'il vous est ordonné de croire. Nous croyons bien des choses parce que nous les avons entendues si souvent. Ne voyez-vous pas qu'il en est ainsi dans la vie de tous les jours : si vous entendez une chose cinquante fois par jour, vous finissez par la croire ? Certains en sont venus à croire de cette manière des affirmations très invraisemblables ; aussi je ne m'étonne pas que le bon Esprit bénisse souvent ce moyen qui consiste à entendre souvent la vérité, et qu'il s'en serve pour faire naître la foi en ce qu'il faut croire. Il est écrit : « La foi vient de ce qu'on entend » (Romains 10,17) ; écoutez donc souvent. Si j'écoute avec sérieux et attention l'Évangile, un de ces jours je me trouverai en train de croire ce que j'entends, grâce à l'action bénie de l'Esprit de Dieu sur mon esprit. Seulement, veillez bien à écouter l'Évangile, et ne vous troublez pas l'esprit en écoutant ou en lisant ce qui est fait pour vous ébranler. Si cela vous semble pourtant un pauvre conseil, j'ajouterai ensuite : considérez le témoignage des autres.

Les Samaritains crurent à cause de ce que la femme leur avait dit de Jésus (Jean 4,39). Beaucoup de nos convictions viennent du témoignage des autres. Je crois qu'il existe un pays qui s'appelle le Japon : je ne l'ai jamais vu, et pourtant je crois que ce pays existe parce que d'autres y sont allés. Je crois que je mourrai : je ne suis jamais mort, mais un grand nombre de gens que j'ai connus sont morts, et j'ai donc la conviction que je mourrai aussi ; le témoignage de beaucoup me convainc de ce fait. Écoutez donc ceux qui vous racontent comment ils ont été sauvés, comment ils ont été pardonnés, comment leur caractère a été changé. Si vous vous renseignez, vous trouverez que quelqu'un de tout à fait semblable à vous a été sauvé. Si vous avez été un voleur, vous trouverez qu'un voleur s'est réjoui de laver son péché dans la fontaine du sang de Christ. Si, pour votre malheur, vous avez vécu dans l'impureté, vous trouverez que des hommes et des femmes qui sont tombés de cette façon ont été purifiés et changés. Si vous êtes dans le désespoir, vous n'avez qu'à aller parmi le peuple de Dieu et à vous informer un peu : vous découvrirez que certains des saints ont été tout aussi désespérés que vous, et ils seront heureux de vous raconter comment le Seigneur les a délivrés. À mesure que vous écouterez, l'un après l'autre, ceux qui ont mis la parole de Dieu à l'épreuve et l'ont trouvée vraie, l'Esprit divin vous conduira à croire. N'avez-vous pas entendu parler de cet Africain à qui le missionnaire avait dit que l'eau devenait parfois si dure qu'un homme pouvait marcher dessus ? Il déclara qu'il croyait bien des choses que le missionnaire lui avait dites, mais que celle-là, il ne la croirait jamais. Quand il vint en Angleterre, il arriva qu'un jour de gel il vit la rivière gelée ; mais il ne voulut pas s'aventurer dessus. Il savait que c'était une rivière profonde, et il était certain de se noyer s'il s'y risquait. On ne put le décider à marcher sur l'eau gelée avant que son ami et beaucoup d'autres n'y soient allés : alors il fut persuadé, et il se risqua là où d'autres s'étaient aventurés sans danger. De même, peut-être, en voyant d'autres croire en l'Agneau de Dieu, et en remarquant leur joie et leur paix, serez-vous vous-même doucement amené à croire. L'expérience des autres est l'un des moyens dont Dieu se sert pour nous aider à croire. Quoi qu'il en soit, il vous faut ou croire en Jésus, ou mourir ; il n'y a pas d'espérance pour vous en dehors de lui.

Un moyen encore meilleur, le voici : remarquez sur quelle autorité il vous est ordonné de croire, et cela vous aidera beaucoup à croire. Cette autorité n'est pas la mienne, sinon vous pourriez bien la rejeter. Ce n'est pas même celle du pape, sinon vous pourriez la mettre en doute. Non, il vous est ordonné de croire sur l'autorité de Dieu lui-même. Il vous demande de croire en Jésus-Christ, et vous ne devez pas refuser d'obéir à votre Créateur. Le contremaître d'une usine du Nord avait souvent entendu l'Évangile, mais il était tourmenté par la crainte de ne pas avoir le droit de venir à Christ. Un jour, son bon patron fit passer une carte dans l'usine : « Venez chez moi aussitôt après le travail. » Le contremaître se présenta à la porte de son patron ; le patron sortit et lui dit assez rudement : « Que voulez-vous, John, à venir me déranger à cette heure ? Le travail est fini, de quel droit êtes-vous ici ? » « Monsieur, dit-il, j'ai reçu de vous une carte disant que je devais venir après le travail. » « Voulez-vous dire que, simplement parce que vous avez reçu une carte de moi, vous devez monter jusque chez moi et me faire sortir après les heures de travail ? » « Eh bien, monsieur, répondit le contremaître, je ne vous comprends pas ; mais il me semble que, puisque vous m'avez fait appeler, j'avais le droit de venir. » « Entrez, John, dit son patron, j'ai un autre message que je veux vous lire. » Et il s'assit et lut ces paroles : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11,28). « Pensez-vous, après un tel message de Christ, que vous puissiez avoir tort de venir à lui ? » Le pauvre homme comprit tout d'un coup, et il crut au Seigneur Jésus pour la vie éternelle, parce qu'il voyait qu'il avait une bonne garantie et une bonne autorité pour croire. Vous aussi, pauvre âme ! Vous avez une bonne autorité pour venir à Christ, car le Seigneur lui-même vous demande de vous confier en lui.

Si cela ne fait pas naître la foi en vous, réfléchissez à ce que vous avez à croire : que le Seigneur Jésus-Christ a souffert à la place des pécheurs, en leur lieu et place, et qu'il peut sauver tous ceux qui se confient en lui. Voyons, c'est le fait le plus béni qu'on ait jamais demandé aux hommes de croire ; la vérité la plus adaptée, la plus consolante, la plus divine qui ait jamais été présentée à l'esprit d'un mortel. Je vous conseille d'y penser beaucoup, et d'y chercher la grâce et l'amour qu'elle renferme. Étudiez les quatre évangélistes, étudiez les épîtres de Paul, et voyez ensuite si le message n'est pas si digne de foi que vous êtes obligé de le croire.

Si cela ne suffit pas, alors pensez à la personne de Jésus-Christ : pensez à qui il est, à ce qu'il a fait, à l'endroit où il est, et à ce qu'il est. Comment pouvez-vous douter de lui ? C'est une cruauté de se méfier de Jésus, toujours véridique. Il n'a rien fait qui mérite la méfiance ; au contraire, il devrait être facile de s'appuyer sur lui.

Pourquoi le crucifier de nouveau par l'incrédulité ? N'est-ce pas le couronner encore d'épines, et cracher encore sur lui ? Quoi ! On ne pourrait pas se fier à lui ? Quelle insulte pire que celle-là les soldats lui ont-ils faite ? Ils en ont fait un martyr ; mais vous, vous en faites un menteur : c'est bien pire. Ne demandez pas : « Comment puis-je croire ? » Mais répondez à une autre question : « Comment pouvez-vous ne pas croire ? »

Si rien de tout cela ne sert, alors il y a quelque chose qui ne va pas du tout en vous, et mon dernier mot est : soumettez-vous à Dieu ! C'est le préjugé ou l'orgueil qui se trouve au fond de cette incrédulité. Que l'Esprit de Dieu ôte votre inimitié et vous fasse céder. Vous êtes un rebelle, un rebelle orgueilleux, et c'est pour cela que vous ne croyez pas votre Dieu. Renoncez à votre révolte ; jetez vos armes ; rendez-vous sans conditions ; capitulez devant votre Roi. Je crois que jamais une âme n'a levé les mains, désespérant d'elle-même, en criant : « Seigneur, je me rends », sans que la foi lui devienne bientôt facile. C'est parce que vous êtes encore en querelle avec Dieu, et que vous êtes décidé à faire votre propre volonté et à suivre votre propre chemin, que vous ne pouvez pas croire. « Comment pouvez-vous croire, disait Christ, vous qui tirez votre gloire les uns des autres ? » (Jean 5,44). C'est le moi orgueilleux qui crée l'incrédulité. Soumettez-vous, ô homme ! Rendez-vous à votre Dieu, et alors vous croirez avec douceur en votre Sauveur. Que le Saint-Esprit agisse maintenant en vous, en secret mais avec efficacité, et vous amène en cet instant même à croire au Seigneur Jésus ! Amen.

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : All of Grace, Robert Carter & Brothers, 1886 (archive.org, exemplaire du Princeton Theological Seminary) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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