Discours sur les réveils religieux · Charles G. Finney
Discours 20
L'instruction des jeunes convertis
Pais mes agneaux. (Jean 21,15)
J'ai parlé sur ce texte dans mon dernier discours, et j'ai dû, faute de temps, laisser de côté bien des points que je souhaitais présenter au sujet de L'INSTRUCTION DES JEUNES CONVERTIS.
Ce soir, je me propose de poursuivre le sujet :
I. En relevant plusieurs autres points sur lesquels les jeunes convertis doivent être instruits.
II. En montrant de quelle manière l'Église doit traiter les jeunes convertis.
III. En mentionnant quelques-uns des maux qui découlent naturellement d'une instruction défectueuse donnée à ce stade de l'expérience chrétienne.
I. Je vais reprendre le sujet là où je l'ai laissé, en mentionnant quelques autres instructions qu'il importe de donner aux jeunes convertis.
1. Il est très important qu'on fasse comprendre de bonne heure aux jeunes convertis en quoi consiste la religion. Vous serez peut-être surpris que je parle de cela. « Comment ! Ils sont convertis, et ils ne savent pas en quoi consiste la religion ? » Je réponds : ils le sauraient, s'ils n'avaient reçu d'autre instruction que celle qu'on tire de la Bible. Mais une multitude de gens se sont imprégnés de telles idées sur la religion que non seulement les jeunes convertis, mais une grande partie de l'Église ne savent pas en quoi elle consiste, du moins pas au point d'en avoir une idée claire et distincte. Il y a beaucoup de pasteurs qui ne le savent pas. Je ne veux pas dire qu'ils n'ont aucune religion, car on peut charitablement croire qu'ils en ont ; ce que je veux dire, c'est qu'ils ne discernent pas en quoi elle consiste, et qu'ils sont incapables d'exposer correctement ce qui constitue la vraie religion et ce qui ne la constitue pas. Il est important d'enseigner aux jeunes convertis :
Négativement, en quoi la religion ne consiste pas.
(1.) Elle ne consiste pas dans la connaissance des doctrines. La connaissance est indispensable à la religion, mais elle n'est pas la religion. Le diable a la connaissance des doctrines, mais il n'a pas de religion. Un homme peut avoir toute la connaissance doctrinale qu'on voudra sans une parcelle de religion. Pourtant, certaines personnes ont sur ce point des idées bien étranges, comme si posséder la connaissance des doctrines était le signe d'un accroissement de piété. J'ai entendu un jour une remarque de ce genre : dans un cas précis, où quelques jeunes convertis avaient fait des progrès rapides dans la connaissance des doctrines, une personne qui le constatait dit : « Comme ces jeunes convertis croissent dans la grâce ! » Elle confondait le progrès dans la connaissance avec le progrès dans la piété. La vérité, c'est qu'elle n'avait aucun moyen de juger de leur croissance dans la grâce, et que le fait qu'ils progressaient dans la connaissance des doctrines n'en était pas une preuve.
(2.) Il faut leur enseigner que la religion n'est pas une substance. Elle n'est pas une racine, une pousse, une semence, ni quoi que ce soit d'autre qui se trouverait dans l'esprit comme une partie de l'esprit lui-même. On parle souvent de la religion comme si c'était quelque chose qui peut rester enfoui dans l'esprit, comme une étincelle peut rester enfouie sous la cendre : elle ne se montre pas, elle ne produit aucun effet, mais elle vit pourtant, prête à agir dès qu'on la découvre. Et de la même manière, les gens pensent qu'ils peuvent avoir de la religion, comme une chose qui demeure en eux, bien qu'ils ne la manifestent pas en obéissant à Dieu. Mais il faut leur enseigner que ce n'est pas là la nature de la religion. Elle n'est ni une partie de l'esprit lui-même, ni une partie du corps ; elle n'est pas non plus une racine, une semence ou une étincelle qui pourrait exister tout en restant cachée et sans produire aucun effet.
(3.) Enseignez-leur que la religion ne consiste pas dans les ravissements, les extases ou les grands élans du sentiment. Il peut y en avoir beaucoup là où il y a de la religion. Mais il faut bien comprendre que ce sont toutes des émotions involontaires, et qu'elles peuvent exister dans toute leur force là où il n'y a aucune religion. Elles peuvent n'être que des jeux de l'imagination, sans la moindre affection vraiment religieuse. Des gens peuvent en éprouver au point de s'évanouir réellement d'extase, et même à propos de la religion, sans avoir aucune religion. J'ai connu une personne presque transportée de ravissement à la simple vue des attributs naturels de Dieu, de sa puissance et de sa sagesse, telles qu'elles se déploient dans le ciel étoilé, et pourtant cette personne n'avait aucune religion. La religion, c'est l'obéissance à Dieu, la soumission volontaire de l'âme à la volonté de Dieu.
(4.) La religion ne consiste pas non plus à aller aux réunions, à lire la Bible, à prier, ni dans aucun autre de ce qu'on appelle communément les devoirs religieux. L'expression même de « devoirs religieux » devrait être rayée du vocabulaire des jeunes convertis. Il faut leur faire savoir que ces actes ne sont pas la religion. Beaucoup deviennent très stricts dans l'accomplissement de certaines choses qu'ils appellent des devoirs religieux, et s'imaginent que c'est cela, être religieux, alors qu'ils négligent les devoirs ordinaires de la vie, qui constituent en fait UNE VIE DE PIÉTÉ. La prière peut être une expression et un acte de piété, ou ne pas l'être. Aller à l'église ou à une réunion de prière peut être considéré soit comme un moyen, soit comme un acte, soit comme l'expression d'un sentiment pieux ; mais le fait de les accomplir ne fait pas d'un homme un chrétien, et l'on peut y mettre une grande exactitude et un grand zèle sans une parcelle de religion. Si l'on n'apprend pas aux jeunes convertis à faire la distinction, ils risquent d'être amenés à penser qu'il y a quelque chose de particulier dans ce qu'on appelle les devoirs religieux, et à s'imaginer qu'ils ont beaucoup de religion parce qu'ils abondent en certains actes qu'on appelle communément des devoirs religieux, alors qu'ils peuvent en même temps manquer gravement d'honnêteté, de fidélité, d'exactitude, de tempérance, ou de n'importe lequel de ce qu'il leur plaît d'appeler leurs devoirs ordinaires. Ils peuvent être très pointilleux sur certaines choses, payer la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et pourtant laisser ce qui est plus important dans la loi, la justice et l'amour de Dieu (Matthieu 23,23 ; Luc 11,42).
(5.) La religion ne consiste pas dans le désir de faire de bonnes actions. Des désirs qui n'aboutissent pas à un choix et à une action ne sont pas vertueux. Ils ne sont pas non plus nécessairement vicieux. Ils peuvent naître involontairement dans l'esprit, à la vue de certains objets ; mais tant qu'ils ne produisent aucun acte volontaire, ils ne sont pas plus vertueux ou vicieux que les battements du pouls, sauf dans les cas où nous les avons indirectement fait naître par notre volonté, en nous plaçant volontairement dans des circonstances propres à les exciter. L'homme le plus méchant de la terre peut avoir de puissants désirs de sainteté. Y avez-vous jamais pensé ? Il peut voir clairement que la sainteté est le seul moyen, le moyen indispensable, d'être heureux. Et dès l'instant où il saisit la sainteté comme un moyen d'être heureux, il la désire naturellement. Il est à craindre qu'une multitude de gens ne s'abusent en supposant qu'un désir de sainteté, en tant que moyen d'être heureux, c'est la religion. Beaucoup, sans doute, se font un grand mérite de désirs qui n'aboutissent jamais à faire le bon choix. Ils éprouvent le désir de faire leur devoir, mais ne choisissent pas de le faire, parce que, tout bien pesé, ils ont des désirs plus forts encore de ne pas le faire. Dans de tels désirs, il n'y a aucune vertu. Pour être vertueux aux yeux de Dieu, une action ou un désir doit être un acte de la volonté. Les gens parlent souvent sur ce sujet de la façon la plus absurde, comme si leurs désirs avaient en eux quelque chose de bon tant qu'ils restent de simples désirs. « Je crois que je désire faire ceci ou cela. » Mais le faites-vous ? « Oh ! non, mais j'éprouve souvent le désir de le faire. » C'est de l'athéisme pratique.
Quels que soient les désirs qu'une personne puisse avoir, s'ils ne se traduisent pas en un choix et une action réels, ils ne sont pas vertueux. Et aucun degré de désir n'est en lui-même vertueux. Si l'on pouvait mettre cette idée en pleine lumière et l'enfoncer solidement dans l'esprit des hommes, elle anéantirait probablement les espérances de la moitié de l'Église, qui vit de ses bons désirs tout en ne faisant rien pour Dieu.
(6.) Il faut leur faire comprendre que rien de ce qui est égoïste n'est la religion. Quels que soient les désirs qu'ils puissent avoir, quels que soient les choix et les actions qu'ils accomplissent, si au bout du compte le motif en est égoïste, il n'y a là aucune religion. Un homme peut tout aussi bien commettre un péché en priant, en lisant la Bible ou en allant à la réunion qu'en faisant n'importe quoi d'autre, si son motif est égoïste. Supposez qu'un homme prie uniquement en vue de favoriser son propre bonheur. Est-ce de la religion ? Qu'est-ce, sinon tenter de faire de Dieu son serviteur tout-puissant ? Ce n'est rien d'autre que se lancer dans une vaste spéculation et mettre l'univers, Dieu compris, à contribution pour se rendre heureux. C'est le comble de la méchanceté. C'est si loin d'être de la piété que c'est en réalité une méchanceté au plus haut degré.
(7.) Rien n'est agréable à Dieu, en tant que religion, à moins d'être fait de tout cœur, pour plaire à Dieu. Aucune action extérieure n'a rien de bon, rien que Dieu approuve, à moins d'être accomplie pour de bons motifs et du fond du cœur.
(a) Il faut enseigner aux jeunes convertis, pleinement et positivement, que toute la religion consiste à obéir à Dieu de tout cœur. Toute la religion consiste en une action volontaire. Tout ce qui est saint, tout ce qui est aimable aux yeux de Dieu, tout ce qu'on appelle à juste titre religion, consiste en une action volontaire, à obéir volontairement et de tout cœur à la volonté de Dieu.
2. Il faut enseigner aux jeunes convertis que le devoir du renoncement à soi-même est l'un des traits dominants de l'Évangile. Ils doivent comprendre qu'ils ne sont pieux que dans la mesure exacte où ils sont disposés à se charger chaque jour de leur croix et à renoncer à eux-mêmes pour Christ (Luc 9,23). Il y a bien peu de renoncement dans l'Église, et la raison en est qu'on perd tellement de vue ce devoir quand on instruit les jeunes convertis. Combien rarement leur dit-on que le renoncement à soi-même est le trait dominant du christianisme ! Quand on plaide pour des œuvres de bienfaisance, combien de fois verrez-vous des pasteurs et des agents qui ne demandent même pas aux chrétiens de se priver pour faire avancer l'œuvre ! Ils leur demandent seulement de donner ce dont ils peuvent se passer sans aucune gêne, ou, en d'autres termes, d'offrir au Seigneur ce qui ne leur coûte rien. Quelle abomination ! Ils ne demandent que le surplus, ce dont on n'a pas besoin, ce qu'on peut donner sans que cela change rien. Il n'y a aucune religion dans cette manière de donner. Un homme pourrait donner à une œuvre de bienfaisance cent mille dollars, il n'y aurait là aucune religion, s'il pouvait les donner sans gêne et qu'il n'y eût dans ce don aucun renoncement. Jésus-Christ a pratiqué le renoncement pour sauver les pécheurs. Dieu le Père aussi a pratiqué le renoncement en donnant son Fils pour qu'il meure pour nous, en nous épargnant et en supportant notre perversité. Le Saint-Esprit pratique le renoncement en daignant lutter avec des êtres aussi impurs pour les amener à Dieu. Les anges pratiquent le renoncement en veillant sur ce monde. Les apôtres ont implanté la religion chrétienne parmi les nations en pratiquant le renoncement. Et nous penserions être religieux sans aucun renoncement ? Nous nous appellerions chrétiens, disciples de Christ, temples du Saint-Esprit, et nous prétendrions à la communion des apôtres, alors que nous ne nous sommes jamais privés de rien de ce qui pouvait contribuer à notre plaisir personnel pour faire avancer le royaume de Christ ? Il faut faire voir aux jeunes convertis que s'ils ne sont pas disposés à se dépenser tout entiers pour Dieu, prêts à sacrifier leur vie et tout le reste pour Christ, ils n'ont pas l'Esprit de Christ, et ne lui appartiennent pas (Romains 8,9).
3. Il faut leur enseigner ce qu'est la sanctification. « Comment ! direz-vous, tous ceux qui sont chrétiens ne savent-ils pas ce qu'est la sanctification ? » Non, beaucoup ne le savent pas. Une multitude de gens seraient tout aussi embarrassés pour dire de façon intelligible ce qu'est la sanctification que pour dire ce qu'est la religion. Si l'on posait la question à chaque chrétien de profession de cette ville : « Qu'est-ce que la sanctification ? », je doute qu'un sur dix donne une réponse juste. Ils s'embrouilleraient exactement comme lorsqu'ils entreprennent de dire ce qu'est la religion : ils en parlent comme de quelque chose qui dort dans l'âme, quelque chose qu'on y a mis et qui y reste, quelque chose qu'on peut pratiquer ou non sans qu'il cesse d'être en eux. De même, ils parlent de la sanctification comme si c'était une sorte de lavage qui enlève une souillure, ou une purge qui élimine une impureté physique. Ou bien ils en parlent comme si les facultés étaient imprégnées de péché et que la sanctification consistait à en ôter les taches. Voilà pourquoi certaines personnes prient pour être sanctifiées tout en pratiquant le péché, supposant manifestement que la sanctification est quelque chose qui précède l'obéissance. Il faut leur enseigner que la sanctification n'est pas quelque chose qui précède l'obéissance, un changement dans la nature ou la constitution de l'âme. Non, la sanctification est l'obéissance, et, en tant que chose qui progresse, elle consiste à obéir à Dieu de façon de plus en plus parfaite et constante.
4. Il faut instruire les jeunes convertis de façon qu'ils comprennent ce qu'est la persévérance. C'est étonnant, la façon dont les gens parlent de la persévérance. Comme si la doctrine de la persévérance était : « Une fois dans la grâce, toujours dans la grâce », ou : « Une fois converti, sûr d'aller au ciel. » Ce n'est pas là l'idée de la persévérance. La véritable idée, c'est que si un homme est réellement converti, il CONTINUERA d'obéir à Dieu. Et par voie de conséquence, il ira sûrement au ciel. Mais si quelqu'un se met dans l'idée que, parce qu'il est converti, il ira assurément au ciel, cet homme ira presque assurément en enfer.
5. Il faut enseigner aux jeunes convertis à être religieux en toutes choses. Ils doivent viser à être religieux dans chaque domaine de la vie et dans tout ce qu'ils font. S'ils ne visent pas à cela, qu'ils comprennent qu'ils n'ont aucune religion. S'ils n'ont pas l'intention et le but de garder tous les commandements de Dieu, quelle prétention peuvent-ils avoir à la piété ? « Quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » (Jacques 2,10). Il encourt justement la peine tout entière. S'il désobéit habituellement à Dieu sur un point particulier, il ne lui obéit en fait sur aucun point. L'obéissance à Dieu consiste dans l'état du cœur. C'est être disposé à obéir à Dieu ; disposé à ce que Dieu règne en toutes choses. Mais si un homme désobéit habituellement à Dieu sur un point quelconque, il est dans une disposition d'esprit qui rend impossible l'obéissance en quoi que ce soit d'autre. Dire qu'en certaines choses un homme obéit à Dieu par respect pour son autorité, et qu'en d'autres choses il refuse d'obéir, c'est absurde. Le fait est que l'obéissance à Dieu consiste dans un cœur disposé à obéir, qui préfère l'autorité et les commandements de Dieu à toute autre chose. Si donc quelqu'un paraît obéir en certaines choses, et pourtant désobéit avec persistance et en connaissance de cause en une seule chose, il s'abuse. Il pèche contre un seul commandement, et cela prouve qu'il est coupable de tous ; en d'autres termes, qu'il n'obéit pas du tout de cœur. Un homme peut passer la moitié de son temps à prier et n'avoir aucune religion ; s'il ne garde pas les commandements de Dieu, ses prières mêmes seront odieuses à Dieu. « Si quelqu'un détourne l'oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination » (Proverbes 28,9). Vous entendez cela ? Si un homme refuse d'obéir à la loi de Dieu, s'il refuse de se soumettre à un seul devoir, il ne peut pas prier, il n'a aucune religion, ses dévotions mêmes sont odieuses.
6. Par des instructions appropriées, on amène facilement les jeunes convertis à être « tempérants en toutes choses » (1 Corinthiens 9,25). Pourtant c'est là un sujet très négligé à l'égard des jeunes convertis, et presque perdu de vue dans les Églises. Il y a énormément d'intempérance dans les Églises. Je ne parle pas en particulier de l'intempérance dans la boisson, mais de l'intempérance dans le manger et dans la manière de vivre en général. Il n'y a en fait que peu de conscience là-dessus dans les Églises. Et c'est pourquoi la réforme progresse si lentement sur ce point. Seule une conscience éclairée peut faire avancer une réforme durable. Il y a dix ans, la plupart des pasteurs usaient de l'eau-de-vie et en gardaient chez eux pour en offrir à leurs amis et à leurs frères dans le ministère. Et la grande masse des membres des Églises en faisaient autant. Aujourd'hui, il n'y en a plus guère, parmi les uns ou les autres, à part les vrais ivrognes, qui le fassent. Mais il y en a encore beaucoup qui se permettent sans scrupule l'usage du vin. Il y a des pasteurs, et beaucoup de chrétiens de profession, qui boivent du vin contenant autant d'alcool qu'un mélange de cognac et d'eau. C'est de l'intempérance. Chiquer et fumer le tabac sont de purs actes d'intempérance. S'ils font usage de ces simples stimulants sans qu'il y ait aucune nécessité, qu'est-ce, sinon de l'intempérance ? Ce n'est pas être tempérant en toutes choses. Tant que les chrétiens n'auront pas de conscience sur ce sujet, et qu'on ne leur aura pas fait sentir qu'ils n'ont pas le droit d'être intempérants en quoi que ce soit, ils ne feront que peu de progrès dans la religion. On sait bien, ou l'on devrait savoir, que LE THÉ ET LE CAFÉ ne contiennent aucun élément nutritif. Ce sont de purs stimulants. Ils traversent l'organisme sans être digérés. Le lait et le sucre que vous y mettez sont nourrissants. Et ils le seraient tout autant si vous les mêliez à du rhum pour en faire un punch au lait. Mais le thé et le café n'apportent aucune nourriture. Et pourtant j'ose dire que la majorité des familles de cette ville dépensent davantage en une année pour leur thé et leur café que pour sauver le monde de l'enfer. C'est probablement vrai d'Églises entières. Même des agents de sociétés de bienfaisance osent parcourir les Églises pour solliciter des fonds en faveur des missions et d'autres institutions, tout en faisant usage de thé, de café, et dans certains cas de tabac. Étrange ! Il y a en ce moment dans cette ville un agent chargé de recueillir des fonds qui fait usage de ces trois stimulants, pires qu'inutiles. Et de plus, c'est un ministre de l'Évangile ! Sans aucun doute, beaucoup dépensent cinq fois plus pour la pure intempérance qu'ils ne donnent pour tous les efforts faits pour sauver le monde. Si l'on pouvait faire savoir à l'Église combien elle dépense pour ce qui n'est que poison, et rien d'autre, elle en serait stupéfaite. Asseyez-vous et parlez avec bien des gens : ils soutiendront avec acharnement qu'ils ne peuvent pas se passer de ces stimulants, de ces poisons, et qu'ils ne peuvent pas y renoncer, non, pas même pour racheter le monde de la damnation éternelle. Et très souvent, ils vont jusqu'à se fâcher quand on discute avec eux, dès que l'argument commence à piquer leur conscience. Oh ! jusqu'à quand l'Église montrera-t-elle son visage hypocrite au concert mensuel de prière pour prier Dieu de sauver le monde, alors qu'elle jette en réalité cinq fois plus d'argent dans la pure intempérance qu'elle n'en donnera pour sauver le monde ? Certains d'entre vous pensent peut-être que ce sont là de petites choses, et qu'il est tout à fait au-dessous de la dignité de la chaire de faire un discours contre le thé et le café. Mais je vous dis que vous vous trompez lourdement si vous pensez que ce sont de petites choses, alors qu'elles rendent l'Église odieuse aux yeux de Dieu en étalant son hypocrisie et sa convoitise. Voici quelqu'un qui prétend s'être donné tout entier au service de Jésus-Christ, et pourtant il refuse de se priver d'une seule de ses convoitises chéries, puis il va prier : « Ô Seigneur, sauve le monde ; ô Seigneur, que ton règne vienne ! » Je vous dis que c'est de l'hypocrisie. De telles prières seront-elles exaucées ? À moins que les hommes ne soient disposés à renoncer à eux-mêmes, je ne donnerais pas un liard pour les prières d'autant de chrétiens de profession de cette espèce qu'il en faudrait pour couvrir tous les États-Unis.
Voilà ce qu'il faut enseigner aux jeunes convertis. Il faut en arriver là dans l'Église : qu'on n'appelle pas chrétiens des hommes qui ne veulent pas couper leur main droite et arracher leur œil droit (Matthieu 5,29-30), et renoncer à eux-mêmes pour l'amour de Christ. Une petite chose ? Voyez comme elle empoisonne l'esprit de prière ! Voyez comme elle avilit l'âme et la rend charnelle ! Est-ce une bagatelle au-dessous de la dignité de la chaire ? Quand ces complaisances intempérantes de toute sorte coûtent à l'Église cinq fois, sinon cinquante fois, plus que tout ce qu'elle fait pour le salut du monde.
On a récemment fait une estimation montrant que les États-Unis consomment chaque année pour sept millions de dollars de café ; et qui ne sait qu'une grande partie en est consommée par l'Église ? Et pourtant de graves pasteurs et des membres d'Églises chrétiennes n'ont pas honte qu'on les voie cautionner cet énorme gaspillage d'argent, alors que, dans le même temps, les pauvres païens font porter à tous les vents du ciel leur cri d'angoisse pour appeler au secours. Le ciel crie d'en haut : « Allez, prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Marc 16,15). L'enfer gémit d'en bas, et dix mille voix crient du ciel, de la terre et de l'enfer : « Faites quelque chose pour sauver le monde ! » Faites-le maintenant. Oh ! maintenant, sinon des millions d'autres seront en enfer par votre négligence. Et, oh ! ne l'annoncez point dans Gath (2 Samuel 1,20) : l'Église, le ministère, ne veulent même pas renoncer à leurs convoitises pour sauver un monde. Est-ce là le christianisme ? De quel droit employez-vous l'argent de Christ à un tel usage ? Êtes-vous un intendant ? Qui vous a donné cette liberté ? Prenez-y garde, de peur qu'on ne découvre à la fin que vous avez préféré votre propre satisfaction à l'obéissance, et que vous avez eu « pour dieu votre ventre » (Philippiens 3,19).
C'est quand ils sont de jeunes convertis qu'il faut leur enseigner ces choses pour qu'elles portent du fruit. Si on ne les instruit pas comme il faut à ce moment-là, s'ils prennent une mauvaise habitude et commencent par une manière de vivre facile et complaisante envers eux-mêmes, il est rare qu'ils se réforment jamais à fond. J'ai parlé de ces sujets avec de vieux chrétiens de profession, et j'ai été stupéfait de leur obstination opiniâtre à satisfaire leurs convoitises. Et je suis convaincu que l'Église ne pourra jamais sortir de cette paresse tant qu'on n'aura pas fidèlement appris aux jeunes convertis, dès le début de leur vie religieuse, à être tempérants en toutes choses.
7. Il faut leur enseigner à avoir tout autant de religion dans toutes leurs affaires que dans la prière ou en allant aux réunions. Ils doivent être tout aussi saints, tout aussi vigilants, viser tout aussi uniquement à la gloire de Dieu, être tout aussi sincères et sérieux dans toutes leurs occupations quotidiennes que lorsqu'ils s'approchent du trône de la grâce. Sinon, leurs exercices du dimanche seront une abomination.
8. Il faut leur enseigner qu'il est nécessaire qu'ils soient tout aussi saints qu'ils pensent que les pasteurs doivent l'être. On a eu longtemps l'idée que les pasteurs sont tenus d'être saints et de pratiquer le renoncement. Et ils le sont. Mais il est étrange qu'on suppose que les pasteurs sont tenus d'être plus saints que les autres. Les gens seraient choqués de voir un pasteur faire preuve de légèreté, courir après les modes, se mettre en colère, habiter une belle maison ou rouler en voiture de maître. Oh ! c'est affreux. Cela ne sied pas à un pasteur. Vraiment ! Que la femme d'un pasteur porte un si beau chapeau, ou un châle de soie pareil ! Oh ! non. Mais chez un laïque ou la femme d'un laïque, ils ne trouvent rien à redire à tout cela. Ce n'est pas du tout choquant. Je ne dis pas que ces choses siéent à un pasteur ; je sais bien que non. Mais, aux yeux de Dieu, elles siéent tout autant à un pasteur qu'à un laïque. Vous n'avez pas plus le droit qu'un pasteur de vous livrer à la vanité, à la folie et à l'orgueil. Pouvez-vous aller au ciel sans être sanctifiés ? Pouvez-vous être saints sans vivre pour Dieu et sans faire tout ce que vous faites pour sa gloire ? J'ai entendu des hommes qui se disaient pieux parler contre le fait que les pasteurs aient de gros traitements et mènent un train de vie coûteux, alors qu'eux-mêmes dépensaient en réalité beaucoup plus d'argent pour l'entretien de leur famille qu'aucun pasteur. Que penserait-on d'un pasteur qui vivrait sur le pied où vivent bien des chrétiens de profession et des anciens d'Église dans cette ville ? Eh bien, tout le monde dirait que ce sont des hypocrites. Mais c'est tout autant une preuve d'hypocrisie, chez un laïque, de dépenser l'argent de Dieu pour satisfaire ses convoitises, ou pour plaire au monde ou à sa famille, que chez un pasteur qui ferait de même. C'est affligeant d'entendre certains de nos laïques les plus en vue dire que c'est déshonorer la religion que de donner aux pasteurs un gros traitement et de les laisser mener un train de vie coûteux, alors qu'en fait leurs propres dépenses, compte tenu de la taille de leur famille et des gens qu'ils reçoivent, dépassent de loin celles de n'importe quel pasteur. Tout cela vient d'idées fondamentalement fausses dont ils se sont imprégnés quand ils étaient de jeunes convertis. On a appris aux jeunes convertis à s'attendre à ce que les pasteurs aient toute la religion, et surtout tout le renoncement ; et tant que cela durera, il n'y a aucun espoir que l'Église fasse jamais grand-chose pour la gloire de Dieu ou la conversion du monde. Il n'y a rien de tout cela dans la Bible. Où Dieu a-t-il dit : « Vous, pasteurs, aimez Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toute votre pensée et de toute votre force », ou : « Vous, pasteurs, faites tout ce que vous faites pour la gloire de Dieu » ? Cela est dit à tous sans distinction, et celui qui tente de se dispenser d'un devoir ou d'un renoncement, d'une vigilance ou d'une sobriété, en s'en déchargeant sur les pasteurs, ou qui se risque à adopter pour lui-même une règle de vie sainte plus basse que celle qu'il juge convenable pour un pasteur, court grand risque de se montrer hypocrite et de payer en enfer le prix de sa folie.
Beaucoup dépend des instructions données aux jeunes convertis. S'ils prennent une fois l'habitude de supposer qu'ils peuvent se permettre des choses qu'ils condamneraient chez un pasteur, il y a dix à parier contre un qu'ils n'en sortiront jamais.
8. Ils doivent viser à être parfaits. Il faut enseigner à chaque jeune converti que si son intention n'est pas de vivre sans péché, il n'a pas encore commencé à être religieux. Qu'est-ce que la religion, sinon un amour suprême pour Dieu, et une intention suprême du cœur, une disposition, à obéir à Dieu ? Là où cela n'existe pas, il n'y a aucune religion. Professer qu'on est parfait est une chose ; professer et sentir qu'on doit être parfait en est une autre. Dire que les hommes doivent être parfaits, et qu'ils peuvent l'être s'ils y sont disposés, est une chose ; dire qu'ils sont parfaits en est une autre. Si quelques-uns sont prêts à dire qu'ils sont parfaits, tout ce que j'ai à dire, c'est : qu'ils le prouvent. S'ils le sont, j'espère qu'ils le montreront par leurs actes ; autrement, nous ne pourrons jamais croire qu'ils sont parfaits.
Mais c'est le devoir de tous d'être parfaits et de se proposer une obéissance entière, perpétuelle et universelle à Dieu. Leur intention constante doit être de vivre entièrement pour Dieu et d'obéir à tous ses commandements. Ils doivent vivre de telle sorte que, s'ils venaient à pécher, ce serait une inconséquence, une exception, un cas isolé, où ils agiraient contrairement à l'intention arrêtée et générale et à l'orientation de leur vie. Ils ne doivent pas pécher du tout ; ils sont tenus d'être aussi saints que Dieu est saint, et il faut enseigner aux jeunes convertis à partir dans la bonne direction, sinon ils ne seront jamais dans le vrai.
9. Il faut leur enseigner à faire briller leur lumière.
Si le jeune converti ne fait pas briller sa lumière, s'il ne la tient pas élevée devant le monde, elle s'éteindra. S'il ne se remue pas, s'il ne sort pas pour essayer d'éclairer ceux qui l'entourent, sa lumière s'éteindra, et son âme sera bientôt dans les ténèbres. Parfois, les jeunes convertis semblent disposés à se tenir tranquilles et à ne rien faire en public avant d'avoir reçu beaucoup de lumière, ou beaucoup de religion. Mais ce n'est pas la bonne manière. Que le converti se serve de ce qu'il a ; qu'il élève hardiment et honnêtement sa petite chandelle vacillante, et alors Dieu y versera l'huile et fera de lui comme une torche flamboyante. Mais Dieu ne prendra pas la peine d'entretenir une lumière qu'on tient cachée. Pourquoi le ferait-il ? À quoi bon ?
Voilà pourquoi tant de gens éprouvent si peu de joie dans la religion. Ils ne font aucun effort pour honorer Dieu. Le peu qu'ils éprouvent, ils le gardent si entièrement pour eux-mêmes qu'il n'y a aucune bonne raison pour que Dieu leur accorde ses bénédictions et ses bienfaits.
10. Il faut leur enseigner comment gagner des âmes à Christ. Il faut enseigner aux jeunes convertis, en détail, ce qu'ils doivent faire pour cela et comment le faire, puis leur apprendre à vivre pour cette fin, comme le grand but dominant de leur vie. Quelle étrange conduite on a parfois suivie ! Ces personnes ont été converties, et les voilà. Elles entrent dans l'Église, et ensuite on les laisse continuer leurs affaires exactement comme avant ; elles ne font rien, on ne leur apprend à rien faire pour Christ, et le seul changement, c'est qu'elles vont plus régulièrement à l'église le dimanche et se laissent nourrir par le pasteur, comme on dit. Mais supposez qu'il les nourrisse : elles ne deviennent pas fortes, car elles ne peuvent pas digérer, faute de prendre de l'exercice. Elles deviennent des dyspeptiques spirituels. Or le grand but pour lequel les chrétiens sont convertis et laissés dans ce monde, c'est d'arracher les pécheurs du feu (Jude 23). S'ils n'y parviennent pas, ils feraient mieux d'être morts. Et il faut enseigner cela aux jeunes convertis dès qu'ils sont nés dans le royaume. La première chose qu'ils doivent faire, c'est de se mettre à l'œuvre dans ce but : sauver des pécheurs.
II. Je dois montrer comment l'Église doit traiter les jeunes convertis.
1. Les anciens membres de l'Église devraient être capables de donner aux jeunes convertis beaucoup d'instruction, et ils devraient la leur donner. Mais la vérité est que la grande masse des chrétiens de profession dans les Églises ne savent pas donner une bonne instruction aux jeunes convertis, et que, s'ils essaient de les instruire, ils ne leur donnent qu'un enseignement faux. L'Église devrait être capable d'instruire ses enfants ; et quand elle les reçoit, elle devrait être aussi occupée à les former à l'action que les mères le sont à apprendre à leurs petits enfants ce qu'ils auront besoin de savoir et de faire plus tard. Mais c'est bien loin d'être le cas en général. Et nous ne pouvons jamais espérer voir les jeunes convertis s'attacher d'ordinaire franchement à leur devoir et aller droit de l'avant sans déclin ni rechute, tant qu'ils ne seront pas formés avec intelligence par l'Église.
2. Il ne faut pas tenir les jeunes convertis en arrière du reste de l'Église. Combien de fois voit-on l'ancien membre d'Église tenir les jeunes convertis en arrière du reste de l'Église et les empêcher de prendre une part active à la religion, de peur qu'ils ne deviennent orgueilleux spirituellement ! Dans ces Églises-là, on demande rarement ou jamais aux jeunes convertis de prendre part aux réunions, on ne les met à aucune tâche active ni à rien de semblable, de peur qu'ils ne s'enflent d'orgueil spirituel. Ainsi l'Église se fait la modeste gardienne de leur humilité, et leur apprend à se mettre en file derrière les vieux membres et les anciens raides, secs et froids, de peur que, si on leur permet de faire quoi que ce soit pour Christ, cela ne les rende orgueilleux. Alors que le vrai moyen de rendre les jeunes convertis humbles et de les garder tels, c'est de les mettre à l'œuvre et de les y maintenir. C'est le moyen de garder Dieu avec eux, et tant que Dieu est avec eux, il prendra soin de leur humilité. Tenez-les constamment engagés dans la religion, et alors l'Esprit de Dieu demeurera avec eux, et ils seront gardés humbles par le procédé le plus efficace. Mais si on laisse les jeunes convertis se ranger derrière les anciens membres, où ils ne peuvent jamais rien faire, ils ne sauront jamais de quel esprit ils sont animés, et c'est justement le moyen de les exposer au danger de la pire espèce d'orgueil spirituel.
3. L'Église doit veiller sur eux et les avertir des dangers qu'ils courent, exactement comme une tendre mère veille sur ses jeunes enfants. Les jeunes convertis ne connaissent pas du tout les dangers qui les entourent. Les ruses du diable, les tentations du monde, la puissance de leurs propres passions et habitudes, et les mille formes du danger, ils ne les connaissent pas ; et si l'on ne veille pas sur eux et qu'on ne les avertit pas comme il faut, ils se jetteront tout droit dans le danger. Voyez cette mère qui veille sur son petit enfant. Le laisse-t-elle mettre sa petite main dans la flamme de la chandelle, ou ramper là où il tombera, parce que son aveuglement et son ignorance ne l'empêchent pas d'en avoir envie ? L'Église doit veiller sur ses jeunes enfants et en prendre soin, exactement comme les mères de cette grande ville veillent sur leurs petits enfants, de peur que les charrettes ne les écrasent, ou qu'ils ne s'égarent et ne se perdent ; ou comme elles veillent sur eux pendant qu'ils grandissent, de peur qu'ils ne soient entraînés dans les tourbillons de l'iniquité. L'Église doit veiller sur tous les intérêts de ses jeunes membres, savoir où ils sont, et quels sont leurs habitudes, leurs tentations, leurs dangers, leurs privilèges, l'état de la religion dans leur cœur, leur esprit de prière. Regardez cette mère inquiète, quand elle voit la pâleur gagner le petit front de son enfant. « Qu'as-tu, mon enfant ? As-tu mangé quelque chose qui ne te convient pas ? As-tu pris froid ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » Oh ! qu'il en va autrement des enfants de l'Église, des agneaux que le Sauveur a confiés aux soins de ses Églises ! Hélas ! au lieu de retenir ses enfants et de prendre soin d'eux, l'Église les laisse aller n'importe où et se débrouiller tout seuls. Que dirions-nous d'une mère qui laisserait sciemment son petit enfant trottiner jusqu'au bord d'un précipice ? Ne dirions-nous pas qu'elle est horriblement coupable d'agir ainsi, et que si l'enfant tombait et se tuait, son sang retomberait sur la tête de sa mère ? Quelle est donc la culpabilité de l'Église qui néglige sciemment ses jeunes convertis ? J'ai connu des Églises où l'on commençait par négliger totalement les jeunes convertis et par les regarder avec soupçon et jalousie ; personne n'allait les voir pour les affermir, les encourager ou les conseiller ; on ne faisait rien pour les amener à se rendre utiles, pour leur apprendre ce qu'ils devaient faire ou comment le faire, ou pour leur ouvrir un champ de travail. Et puis, quoi ensuite ? Eh bien, quand on s'aperçoit que les jeunes convertis ne peuvent pas tout supporter, et qu'on les voit se refroidir et reculer sous le traitement qu'on leur a fait subir, on se retourne simplement contre eux pour les maltraiter parce qu'ils n'ont pas tenu bon.
4. Soyez pleins de tendresse quand vous les reprenez. Quand les chrétiens trouvent nécessaire de reprendre des jeunes convertis, ils doivent prendre extrêmement garde à la manière de le faire. Les membres plus âgés de l'Église doivent veiller fidèlement sur les jeunes convertis, et quand ceux-ci commencent à perdre du terrain ou à s'écarter, il faut les avertir promptement et, s'il le faut, les reprendre. Mais le faire de la mauvaise manière est pire que de ne pas le faire. On le fait parfois d'une manière brusque, dure, grossière, et qui a l'air de condamner, plus proche de la gronderie que de l'exhortation fraternelle. Une telle manière, au lieu d'inspirer la confiance ou de conduire à l'amendement, est tout juste propre à endurcir le cœur du jeune converti et à l'affermir dans ses mauvaises voies, tout en fermant son esprit à l'influence de gardiens aussi prompts à condamner. Le cœur d'un jeune converti est tendre et facile à blesser, et parfois un seul regard dur le mettra dans un état d'esprit qui fixera en lui ses erreurs et le fera aller de mal en pis.
Vous qui êtes parents, vous savez combien il est important, quand vous reprenez vos enfants, qu'ils voient que vous le faites pour les meilleurs motifs, pour leur bien, parce que vous voulez qu'ils soient sages, et non parce que vous êtes en colère. Autrement, ils en viendront vite à vous considérer comme un tyran plutôt que comme un ami. Il en est exactement de même des jeunes convertis. La bonté et la tendresse, même dans la réprimande, gagneront leur confiance, vous les attacheront, et donneront du poids à vos instructions et à vos conseils fraternels, si bien que vous pourrez les façonner en chrétiens accomplis. Si au contraire vous êtes sévères et pointilleux dans votre manière, c'est le moyen de leur faire penser que vous voulez les dominer. Beaucoup de gens, sous prétexte d'être fidèles, comme ils disent, blessent souvent les jeunes convertis d'une manière si sévère et si autoritaire qu'ils les font fuir, ou peut-être les écrasent jusqu'au découragement et à l'apathie. Les jeunes convertis n'ont que peu d'expérience et tombent facilement. Ils sont exactement comme un petit enfant qui commence à marcher. Vous le voyez avancer en chancelant, et le voilà qui trébuche sur un brin de paille. Vous voyez la mère ramasser tout ce qui traîne par terre quand son petit va essayer de marcher. Il en est exactement de même des jeunes convertis. L'Église doit ôter toutes les pierres d'achoppement, et les traiter de manière à leur faire voir que, si on les reprend, Christ est dans la réprimande ; alors ils la recevront dans l'esprit où elle est donnée, et elle leur fera du bien.
5. Signalez avec bonté au jeune converti ce qui est défectueux en lui et qu'il ne voit pas. Ce n'est qu'un enfant, il ne connaît pas grand-chose de la religion, et il aura naturellement beaucoup de choses à apprendre et beaucoup à corriger. Tout ce qu'il y a de mauvais dans son esprit, de déplaisant dans sa conduite ou de peu cultivé dans ses manières, et qui nuira à son utilité ou affaiblira son influence comme chrétien, doit lui être signalé avec bonté et corrigé. Mais pour le faire de la bonne manière, il faut une grande sagesse. Les chrétiens doivent en faire un sujet de beaucoup de prière et de réflexion, afin de bien s'y prendre, de façon à ne pas faire plus de mal que de bien. Si vous le réprimandez simplement pour des choses qu'il ne voyait pas, ou qu'il ne savait pas être déplacées, cela le blessera et le rebutera. Une telle instruction doit être donnée au bon moment ; il est souvent bon de saisir l'occasion après que vous avez prié ensemble, ou après une conversation amicale sur des sujets religieux, propre à lui faire sentir que vous l'aimez, que vous cherchez son bien et que vous désirez ardemment favoriser sa sanctification, son utilité et son bonheur. Alors une simple allusion suffira souvent. Suggérez-lui simplement : « Telle chose dans ta prière », ou : « Ta conduite en telle occasion ne m'a pas fait bonne impression. Ne ferais-tu pas bien d'y réfléchir ? Peut-être jugeras-tu préférable d'éviter de recommencer. » Faites-le de la bonne manière, et vous l'aiderez et lui ferez du bien. Faites-le de la mauvaise manière, et vous lui ferez dix fois plus de mal que de bien. Souvent les jeunes convertis se tromperont par ignorance ; leur jugement n'est pas mûr, et il leur faut du temps pour réfléchir et se former un jugement éclairé sur quelque point qui leur paraît d'abord douteux. Dans ces cas-là, l'Église doit les traiter avec beaucoup de bonté et de patience. Elle doit les instruire avec bonté, et non les condamner tout de suite pour n'avoir pas vu d'emblée ce que peut-être ses membres eux-mêmes n'ont compris que des années après leur conversion.
6. Ne parlez pas des défauts des jeunes convertis derrière leur dos. Cela n'est que trop courant chez les anciens membres d'Église, et tôt ou tard les jeunes convertis l'apprennent ; et quelle influence cela doit avoir pour détruire la confiance des jeunes convertis envers leurs frères plus âgés, pour leur briser le cœur et les décourager, et peut-être pour les éloigner de la bonne influence de l'Église !
III. Je dois mentionner quelques-uns des maux qui résultent d'une instruction défectueuse des jeunes convertis.
1. S'ils ne sont pas pleinement instruits, ils ne seront jamais pleinement affermis dans les bons principes. S'ils ont de bons principes fondamentaux, ceux-ci les conduiront à adopter une bonne ligne de conduite dans tous les cas particuliers. Dans la formation d'un caractère chrétien, beaucoup dépend de l'établissement de principes fondamentaux qui soient justes sur tous les sujets. Si vous regardez la Bible, vous verrez que Dieu y enseigne de bons principes que nous pouvons appliquer en détail par une bonne conduite. Si l'éducation des jeunes convertis est défectueuse, soit dans sa nature soit dans son degré, vous le verrez dans leur caractère toute leur vie. C'est le résultat logique, exactement ce à quoi l'on pouvait s'attendre, et il en sera toujours ainsi. On pourrait montrer, si j'en avais le temps, que presque toutes les erreurs pratiques qui ont régné dans l'Église sont les résultats naturels de certains dogmes faux qu'on a enseignés aux jeunes convertis, et qu'on leur a fait avaler comme la vérité de Dieu à une époque où ils étaient trop ignorants pour savoir mieux.
2. Si l'instruction donnée aux jeunes convertis n'est ni juste ni complète, ils ne croîtront pas dans la grâce, mais leur religion s'amenuisera et dépérira. Leur course, au lieu d'être comme le sentier des justes, dont l'éclat va croissant jusqu'au milieu du jour (Proverbes 4,18), deviendra de plus en plus terne, dépérira et finira peut-être par s'éteindre dans les ténèbres. Partout où vous voyez des jeunes convertis laisser leur religion s'amincir jusqu'à se réduire à rien, vous pouvez comprendre que c'est le résultat logique d'une instruction défectueuse. Le résultat logique de l'enseignement de la vérité, de toute la vérité, aux jeunes convertis, c'est qu'ils deviennent de plus en plus forts. La vérité est la nourriture de l'esprit : c'est elle qui donne à l'esprit sa force. Et là où le caractère religieux s'affaiblit, soyez-en sûrs, neuf fois sur dix cela vient de ce qu'on les a négligés, ou mal instruits, quand ils étaient de jeunes convertis.
3. Ils seront laissés, et à juste titre, dans le doute sur la question de savoir s'ils sont chrétiens. Si leur instruction première est fausse ou défectueuse, il y aura tant d'inconséquence dans leur vie, et si peu de preuves réelles d'une piété réelle, qu'ils finiront eux-mêmes par douter d'en avoir. Ils vivront et mourront probablement dans le doute. On ne peut pas faire aller bien loin un petit nombre de preuves. S'ils ne voient pas clair, ils ne vivront pas avec conséquence ; s'ils ne vivent pas avec conséquence, ils ne peuvent avoir que peu de preuves ; et s'ils n'ont pas de preuves, il faut qu'ils doutent, ou qu'ils vivent dans la présomption.
4. Si les jeunes convertis sont instruits et formés comme il faut, on verra généralement qu'ils prennent le bon parti sur toutes les grandes questions qui se présentent devant l'Église. Il se présente continuellement devant les Églises des questions sur lesquelles elles doivent prendre position, et sur beaucoup d'entre elles on a souvent bien du mal à faire prendre à toute l'Église la bonne position. Prenez par exemple la question des traités, des missions, des écoles du dimanche ou de la tempérance : que de chicanes et d'objections, que de résistance et d'opposition on a rencontrées de la part des membres d'Église en divers endroits ! Parcourez les Églises : là où vous trouvez que les jeunes convertis ont été bien instruits, vous ne les voyez jamais faire des difficultés, soulever des objections ou se répandre en chicanes. Je n'hésite pas à imputer aux pasteurs et aux membres plus âgés des Églises le fait qu'il y en ait tant qu'il faut traîner jusqu'à la bonne position sur toutes ces questions. S'ils les avaient bien affermis dans les principes de l'Évangile dès le départ, quand ils venaient d'être convertis, ceux-ci auraient vu l'application de leurs principes à toutes ces choses. C'est curieux de voir, et j'ai eu de nombreuses occasions de le voir, combien les jeunes convertis sont prompts à prendre la bonne position sur n'importe quelle question qu'on leur propose. Voyez ce qu'ils sont prêts à faire pour l'instruction des pasteurs, pour les missions, pour la réforme morale, pour les esclaves. Si la grande masse des jeunes convertis des réveils récents avaient été bien affermis dans les principes de l'Évangile, vous auriez trouvé en eux, dans toute l'Église, un seul cœur et une seule âme sur chaque question de devoir qui se présente. Que leur éducation première soit bonne, et vous aurez un corps de chrétiens sur lequel vous pourrez compter. Si cela avait été la règle dans l'Église, oh ! combien plus de force il y aurait eu dans tous ses grands mouvements pour le salut du monde !
5. Si les jeunes convertis ne sont pas bien instruits, ils deviendront inévitablement des rétrogrades. Si leur instruction est défectueuse, ils vivront probablement de manière à déshonorer la religion. La vérité, constamment présentée à l'esprit d'un jeune converti dans de justes proportions, tend naturellement à le faire grandir jusqu'à la plénitude de la stature d'un homme parfait en Jésus-Christ (Éphésiens 4,13). Si l'on donne trop de relief à un point particulier dans l'instruction qu'on lui donne, il y aura probablement exactement la même disproportion dans son caractère. S'il est pleinement instruit sur certains points et pas sur d'autres, vous trouverez un défaut correspondant dans sa vie et dans son caractère.
Si l'instruction des jeunes convertis est gravement défectueuse, ils n'avanceront dans la religion qu'aussi loin que les poussent avec force les émotions de leur première conversion. Dès que celles-ci seront épuisées, ils s'arrêteront, puis ils déclineront et rétrograderont. Et par la suite, vous verrez toujours qu'ils n'avancent que lorsqu'une puissante excitation les réveille. Ce sont vos chrétiens périodiques, si prompts à se réveiller en temps de réveil et à s'agiter bruyamment pendant quelques jours comme s'ils avaient le zèle d'un ange, pour ensuite retomber, aussi morts et aussi froids qu'un hiver du Nord. Oh ! combien il est désirable, combien il est infiniment important, que les jeunes convertis soient instruits de telle sorte que leur religion ne dépende pas d'impulsions et d'excitations, mais qu'ils avancent avec constance dans la carrière chrétienne, marchant de force en force et répandant tout autour d'eux une lumière claire, sûre et constante.
REMARQUES.
1. L'Église est vraiment coupable de sa négligence passée à l'égard de l'instruction des jeunes convertis.
Au lieu d'élever leurs jeunes convertis pour en faire des chrétiens actifs, les Églises ont généralement agi comme si elles ne savaient pas comment employer les jeunes convertis, ni quel usage en faire. Elles ont agi comme une mère qui a une grande famille de filles, ne sait pas du tout comment les mettre au travail, et les laisse donc grandir oisives et sans instruction, inutiles et méprisées, proies faciles du premier scélérat venu qui a de mauvais desseins.
Si seulement l'Église avait fait son devoir en formant les jeunes convertis à travailler et à peiner pour Christ, le monde aurait été converti depuis longtemps. Mais au lieu de cela, combien d'Églises vont jusqu'à s'opposer aux jeunes convertis quand ils essaient de se mettre au travail pour Christ ! Une multitude d'anciens membres d'Église regardent avec soupçon chaque initiative des jeunes convertis, parlent contre eux et disent : « Ils se mettent trop en avant ; ils ne devraient pas se mettre en avant, mais attendre ceux qui sont plus âgés. » Encore l'attente ! Au lieu de souhaiter bonne chance aux jeunes convertis et de les encourager quand ils se mettent à l'œuvre avec un cœur chaud et des mains vigoureuses, bien souvent on leur fait obstacle et peut-être on les rabaisse. Combien de fois a-t-on arrêté les jeunes convertis dans leur élan pour les faire rentrer dans le rang derrière une Église formaliste, paresseuse et inefficace, jusqu'à ce que leur esprit soit brisé et leur zèle éteint, et qu'après quelques vains efforts pour secouer leurs liens, ils se résignent à s'asseoir avec les autres et à ATTENDRE ! En bien des endroits, les jeunes convertis ne peuvent même pas essayer de tenir une réunion de prière entre eux sans que le pasteur ou quelque diacre ne les réprimande de se mettre ainsi en avant et ne les accuse d'orgueil spirituel. « Oh ! oh ! vous êtes de jeunes convertis, vous ? Et alors vous voulez vous réunir et rassembler tous les voisins pour qu'ils viennent vous regarder, parce que vous êtes de jeunes convertis. » Vous feriez mieux de vous faire prédicateurs tout de suite. Un célèbre docteur en théologie de la Nouvelle-Angleterre se vantait, à une table publique, d'avoir réussi à faire tenir tranquilles tous ses convertis. Il avait eu beaucoup de mal, disait-il, car ils avaient une fièvre terrible de faire quelque chose, de parler, de prier ou d'organiser des réunions ; mais à force de la plus grande vigilance, il avait tout étouffé, et maintenant son Église était exactement aussi tranquille qu'avant le réveil. Merveilleux exploit pour un ministre de Jésus-Christ ! Est-ce là ce que le Sauveur béni voulait dire quand il dit à Pierre : « Pais mes agneaux » ?
2. Les jeunes convertis doivent être formés au travail avec autant de soin que les jeunes recrues d'une armée sont formées à la guerre.
Supposez qu'un capitaine, dans l'armée, fasse enrôler sa compagnie, et ne prenne ensuite pas plus de peine pour instruire, former et discipliner ses hommes que n'en prennent beaucoup de pasteurs pour former et faire avancer leurs jeunes convertis. Eh bien, l'ennemi se moquerait d'une telle armée. Appeler cela des soldats ! Mais pour ce qui est d'un service efficace, ils en sont encore au simple état de bébés ; ils ne savent pas du tout quoi faire ni comment le faire, et si vous les menez à la CHARGE, où sont-ils ? Une telle armée ressemblerait à l'Église qui ne forme pas ses jeunes convertis. Au lieu d'être exercés à tenir coude à coude dans l'assaut, ils n'ont aucune confiance pratique en leurs chefs, aucune confiance en leurs voisins, aucune confiance en eux-mêmes, et ils se dispersent au premier choc de la bataille. Regardez l'Église aujourd'hui. Les pasteurs ne sont pas d'accord sur ce qu'il faut faire, et beaucoup d'entre eux se retournent pour combattre leurs frères, en se querellant au sujet des mesures nouvelles, ou de l'« Acte et Témoignage », ou de quelque autre chose. Et quant aux membres, ils ne peuvent pas avoir confiance quand ils voient leurs chefs si divisés. Et puis, s'ils essaient de faire quelque chose, hélas ! hélas ! quelle ignorance, quelle maladresse, quelle discorde, quelle faiblesse, quel misérable travail ils font ! Et il en sera forcément ainsi tant que l'Église ne formera pas les jeunes convertis pour en faire des chrétiens intelligents, au cœur sans partage, pratiquant le renoncement et actifs. Il y a en ce moment dans cette ville une entreprise que je me réjouis de voir. Je veux parler de l'œuvre des traités : une œuvre bénie. Et le plan est de former un corps de chrétiens dévoués pour faire... quoi ? Eh bien, pour faire ce que toute l'Église aurait dû être formée à faire depuis longtemps : savoir prier, savoir parler aux gens du salut de leur âme, savoir tenir des réunions pour les âmes inquiètes, savoir s'occuper de ceux qui cherchent, et savoir SAUVER DES ÂMES.
3. L'Église s'est complètement trompée sur la manière dont elle doit être sanctifiée.
On a poursuivi assez longtemps l'expérience qui consiste à essayer de sanctifier l'Église sans trouver quoi que ce soit à faire à ses membres. Mais la sainteté consiste à obéir à Dieu. Et la sanctification, en tant que processus, signifie lui obéir de façon de plus en plus parfaite. Et le moyen de la favoriser dans l'Église, c'est de donner à chacun quelque chose à faire. Regardez ces grandes Églises qui ont cinq cents ou sept cents membres et qui prennent un pasteur pour les nourrir de dimanche en dimanche, alors qu'ils sont si nombreux ensemble que la plupart n'ont absolument rien à faire et ne sont jamais formés à faire des efforts directs pour le salut des âmes. Et c'est de cette manière qu'ils s'attendent à être sanctifiés et préparés pour le ciel. Ils ne seront jamais sanctifiés ainsi. Ce n'est pas le chemin que Dieu a établi. Jésus-Christ a fait de son peuple ses collaborateurs dans le salut des pécheurs, précisément pour cette raison que la sanctification consiste à faire les choses qu'exige l'avancement de cette œuvre. C'est l'une des raisons pour lesquelles il n'a pas employé les anges à cette œuvre, et ne l'a pas non plus menée par une révélation directe de la vérité à l'esprit des hommes. C'est qu'il est nécessaire, comme moyen de sanctification, que l'Église partage les sentiments et les travaux de Christ pour la conversion des pécheurs.
Et c'est ainsi que l'Église entière doit se mettre en mouvement avant que le monde soit converti. Quand viendra le jour où l'Église tout entière comprendra qu'elle est ici sur la terre comme un corps de missionnaires, et vivra et travaillera en conséquence, alors le jour de la rédemption de l'homme sera proche.
Chrétien ! si vous ne pouvez pas aller au loin travailler, pourquoi n'êtes-vous pas missionnaire dans votre propre famille ? Si vous êtes trop faible même pour quitter votre chambre, soyez missionnaire là, dans votre chambre à coucher. Combien de domestiques inconvertis avez-vous dans votre maison ? Appelez vos domestiques inconvertis et vos enfants inconvertis, et soyez missionnaire auprès d'eux. Pensez à votre médecin, peut-être, qui se dépense pour sauver votre corps tandis qu'il perd sa propre âme : vous recevez ses bons soins, et jamais vous ne lui rendez la plus grande marque de reconnaissance qui soit en votre pouvoir.
Il est nécessaire que l'Église prenne en main ses jeunes convertis dès le départ, qu'elle les mette à l'œuvre, et qu'elle les y mette comme il faut. L'espérance de l'Église est dans les jeunes convertis.
4. Nous voyons quelle responsabilité pèse sur les pasteurs, sur les anciens et sur tous ceux qui ont l'occasion d'aider à former les jeunes convertis. Combien est affligeant le tableau qui s'impose souvent à l'esprit : une multitude de gens se convertissent, et l'on prend si peu de peine pour les jeunes convertis qu'au bout d'un an à peine on ne peut plus les distinguer du reste de l'Église ! Et puis voir les anciens membres de l'Église se retourner contre ces jeunes convertis, se plaindre d'eux, et peut-être les calomnier, alors qu'en vérité ce sont ces anciens membres eux-mêmes qui sont les plus coupables ! Oh ! c'est trop fort. Cette réaction dont on parle tant après un réveil (comme si la réaction était l'effet nécessaire d'un réveil) ne viendrait jamais, les jeunes convertis ne rétrograderaient jamais comme ils le font, si l'Église s'occupait promptement et fidèlement de leur instruction. S'ils sont réellement convertis, on peut en faire des chrétiens solides et énergiques. Et s'ils ne le deviennent pas, Jésus-Christ en demandera compte à l'Église.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Lectures on Revivals of Religion, Oberlin, E. J. Goodrich, 1868 (archive.org) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).